Fichés, scannés, digitalisés, les taggeurs sont cernés

Fichés, scannés, digitalisés, les taggeurs sont cernés
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Publié le 5 septembre 2006
  • Reportage: Zian Marro
  • Montage: Ulrich Teiger

Opération commando en plein jour dans la région de Zurich: en six petites minutes, les sprayeurs feront 15'000 francs de dégâts sur un wagon CFF. La scène est filmée par un membre du groupe. Les forces de l'ordre débarquent. C'est le cameraman qui donne l'alerte. Trop tard: ils seront pris sur le fait.

Mais les cas de flagrant délit sont rares. Alors la régie fédérale a élaboré une stratégie de lutte efficace. «Le graffitis influence le sentiment d'insécurité des voyageurs, explique Jean-Philippe Rochat, responsable de la lutte contre le vandalisme sur les véhicules CFF. De ce fait nous retirons immédiatement le véhicule de la circulation et le desprayons dans les plus bref délais. Il y a aussi le fait que nous ne voulons pas que les graffitis voyagent sur l'ensemble du territoire.»

Car le but des sprayeurs, c'est que leur graffiti soit vu le plus longtemps possible, par un maximum de personnes. Un train, c'est le support idéal. Le nettoyer rapidement, c'est le secret de la guerre contre les sprayeurs.

Mais avant de l'effacer, un employé photographie le graffiti. Les photos sont immédiatement chargées dans la base données des CFF. Grâce à cela, on peut suivre l'évolution du phénomène presque en temps réel. Ces images serviront aussi au dépôt de plainte. «Chaque cas de graffiti est un dommage à la propriété, rappelle Jean-Philippe Rochat. En temps que tel nous déposons systématiquement plainte et nous accompagnons la plainte de photos.»

Un appareil photo numérique pour arme



Les sprayeurs risquent gros, jusqu'à la prison suivant l'importance des dégâts et les cas de récidive. Dans la police cantonale de Neuchâtel, un homme connaît ça par cœur. C'est un peu le «Monsieur graffiti» de Suisse romande. Il a même conseillé les CFF pour l'élaboration de leur stratégie.

Alors sur le terrain, le sergent-major Robert Paillard dégaine plus souvent son appareil numérique que son arme. Dans un passage sous-voie près de Colombier, les graffitis et les tags sont autorisés. Mais l'appareil du policier crépite: il vient se tenir au courant des dernière tendances. «Il y a des grafs qui sont quand même très beau, remarque le chasseur de graffiti Je trouve que c'est un art qui a sa place dans notre société. Pour autant qu'il se fasse dans ce cadre-là.»

Car juste à côté, un tag visiblement fait à la va-vite s'étale sur un long mur blanc. Le propriétaire a déposé plainte. Ce «vandalisme qui n'apporte rien du tout», c'est la bête noire du sergent-major.

De retour au poste de gendarmerie de Boudry où il travaille, le policier n'est pas peu fier de nous montrer le fonctionnement de la toute nouvelle base de données. A terme, ce sont quelque 3000 photos qui seront accessibles sur le réseau de la police cantonale, depuis n'importe quel ordinateur.



La traque aux infos



Mais ces fiches numériques ne seraient rien sans les connaissances du policier. Au lettrage, au style, ou à la signature, le policier est capable de reconnaître l'auteur. Ce nouveau système lui permet de faire des recherches par nom, par lieu ou encore par période. «Quand un tagger est interrogé, on peut lui montrer ces photos tout de suite, c'est beaucoup plus facile que ce qu'on faisait avant», se réjouit le spécialiste.

Sur internet, les sites consacrés aux graffitis et aux tags prolifèrent. Des images et des infos que le policier n'hésite pas à récupérer pour alimenter sa base données. Mais il n'y a pas que le net. Dans les archives du docteur ès graffitis, les magazines plus ou moins officiels sont une véritable mine de renseignements. Mais ils ne se vendent pas sur abonnement. Pour les trouver, le policier tombe l'uniforme et se rend incognito à Berne. Dans ce magasin spécialisé, le policier sait exactement ce qu'il veut: le dernier numéro de Non Stop

.



Le chat et la souris



Chez les graffeurs, on est au courant des nouvelles méthodes policières. Mais la guerre n'est pas terminée. «C'est clair que le chat et la souris ce sera toujours présent, affirme David Duvoisin, alias NADA. Ils ne pourront jamais arrêter ce mouvement, c'est impossible. Le graffiti, ce sera toujours de l'illégal et du légal. Et l'illégal a une part importante.»

En juin dernier à Martigny (VS), une vingtaine de graffeurs romands étaient invités à relooker ce préau. Pour certains, sprayer en toute légalité, c'est une évolution positive. «Ce que j'aimerais pouvoir faire, c'est donner la possibilité de graffer légalement, explique JASM, un des organisateur de l'événement. Parce que quand nous on a commencé, on avait pas le choix de le faire illégalement. Donc j'aimerais simplement donner un choix.»

En 2005 le vandalisme sur les trains aura coûté plus de 3 millions de francs à la régie fédérale. La lutte numérique a-t-elle freiné le phénomène ? «No comment», répondent les CFF. A Neuchâtel, depuis bientôt 10 ans que le sergent-major Paillard lutte contre les sprayeurs, les plaintes ont baissé de 75%.

Commentaires

Portrait de filipe

este graf ta fix

Portrait de Robert Paillard

Hello, Merci Beaucoup pour les Informations...

Portrait de Gerikane de metastaz.com

Haaaaaaaa, lalalala ce qui faut pas entendre, pourquoi le graff peut pas se stopper, tout simplement par ce que c'est un mouvement underground (pas entièrement ! ) et que par définition l'underground a toujours une longueur d'avance sur les autres arts populaires ou tout simplement sur les non-pratiquant, dont les poulet qui ne font vraiment pas bien leur travail !!. dans la réalité sa ne ce passe pas du tout comme dans ce reportage ! voilà sur ce, bon fantasmes, PS : isam tu crains de dire tout sa devant une camera de la tsr.

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