La bière open source

La bière open source
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Publié le 21 septembre 2006
  • Reportage: Zian Marro
  • Montage: Alexandre Bugnon

Les capsules sautent, la machine à pression tourne à plein régime, dans le musée d'art moderne et contemporain de Bolzano en Italie, l'heure est à la fête. C'est un vernissage pas tout à fait comme les autres. Pour cette exposition consacrée aux œuvres collectives et interactives, la bière a remplacé le champagne. Et pas n'importe quelle bière: celle-ci est open source.

Les trois membre du collectif danois Superflex enseignaient à l'Université des technologies de l'information à Copenhague. «On pensait que le développement des logiciels open source était un concept très intéressant», raconte Jakob Fenger de Superflex, «et on voulait appliquer ces idées à un médium plus analogique. On a choisi la bière pour faire ça.»

A l'image des logiciels de Microsoft, les gros brasseurs comme Carlsberg ou Heineken protègent jalousement leurs recettes. Celle de la Free Beer est publiée sur internet. Elle peut être reprise, modifiée, voire même commercialisée. Aujourd'hui, les Superflex en sont déjà à la version 3.0!

Le Baiser de la Princesse

L'idée de Superflex a séduit jusqu'en Suisse. A l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), le service chargé d'organiser le partage des connaissances dans l'école (le KIS, pour «Knowledge and information services»), on décidé d'en faire brasser 150 litres. «Nous sommes un groupe qui fabrique et utilise passablement de logiciels open source pour des services relativement peu visible, explique le responsable des »nouveaux projets au KIS, Pierre Crevoisier, «et il nous paraissait intéressant d'utiliser le clin d'œil, le truc qui fait sourire pour pouvoir communiquer.»

Et le clin d'œil, ça le connaît. La nouvelle mousse a été rebaptisée Le Baiser de la Princesse… Vous de comprenez pas? Voir ci-dessus les initiales du service… La recette originale des Danois a été complètement modifiée, car elle inspirait peu le brasseur mandaté par l'EPFL. Car c'est à Chavannes, près de Lausanne, qu'on a réalisé l'expérience. La petite brasserie indépendante Les Faiseurs de Bière a bien voulu jouer le jeu.




Le début d'un business

A l'EPFL, l'expérience est plus un gag à l'interne mais les Superflex sont persuadés que l'on peut gagner de l'argent sûr ce modèle. «C'est tout le concept!, explique Jakob Fenger, »c'est «free» dans le sens ou la connaissance peut être partagée mais si vous brassez cette bière, c'est normal que vous gagniez de l'argent.«

L'unique brasseur de Bolzano fait déjà du bénéfice. Le patron de Hopfen&Co a décidé de se lancer dans l'aventure open source. La recette a été quelque peu modifiée par le maître-brasseur, mais on a gardé l'idée originale de Superflex d'ajouter de la guarana à cette bière ambrée.

Mais les Danois ne perdent pas le nord. Ils ont créé la Fondation Free Beer et invitent les producteurs à y reverser une partie de leur bénéfice. C'est le début d'un business. Bjørnstjerne Christiansen, membre de Superflex, en a en tout cas la conviction. »On en est maintenant à l'étape suivante, à savoir la consultation des brasseries. Nous voulons essayer de faire une version de la bière plus professionnelle. Et montrer ainsi qu'il est aussi possible de travailler à l'intérieur du système économique capitaliste avec un produit comme celui-ci.«

Trois cents développeurs sur Linux

Car avec l'open source, on est à mi-chemin entre une philosophie et un mouvement politique. Petit rappel historique: dans les années 80, l'industrie informatique réalise que l'on peut faire des bénéfice faramineux et vendant des logiciels, qui, une fois développés ne coûtent presque rien à la copie. Les géants en devenir commencent à engranger des milliards en vendant des logiciels protégés. Mais les milieux académiques se souviennent alors que 10 ou 20 ans plus tôt, le savoir s'échangeait librement et gratuitement. Et ils sont nombreux, à l'image de Richard Stallman (Free Software Foundation) ou Eric S. Raymond (auteur de La Cathédrale et le Bazar) a militer pour l'open source. Aujourd'hui, les géants de l'informatique l'ont bien compris. IBM, par exemple, mise à fond sur l'open source. Plus de 300 collaborateurs travailleraient actuellement au développement de Linux, LE système d'exploitation libre par excellence. Un marché mondial estimé par Big Blue à 7 milliards de dollars.

Service après vente

A une plus petite échelle, le Zürichois Michael Wechner a fait de l'open source son gagne-pain. Il est aujourd'hui à la tête de Wyona, une PME de 13 employés. Son produit, c'est un logiciel libre qui permet d'alimenter les sites internet (Content Management System ou CMS). Parmi ces clients, La Neue Zurcher Zeitung, le magazine branché Wired ou encore l'Université de Zurich. Ce qu'il leur vend, ce n'est pas le logiciel, bien sûr, mais une sorte de service après vente. »Je n'ai jamais eu l'intention de gagner de l'argent avec l'open source«, se souvient le jeune PDG, »et j'ai toujours aimé l'idée de partager ce que l'on fait. Mais à un moment donné, j'ai réalisé qu'on pouvait aussi gagner de l'argent en vendant des services ou en aidant les clients à utiliser le logiciel". Ce passionné d'open source a également réalisé un documentaire plutôt engagé sur la question.

Aujourd'hui, la moitié des employés de Wyona travaillent déjà sur un nouveau projet open source. Les autres continuent de rentabilisé le CMS développé par Michael Wechner en 1999.

Commentaires

Portrait de Guillaume w

Il ne faut pas confondre la notion d'open source et de logiciel, ce sont deux mouvements différent.

Un peu de lecture : http://www.gnu.org/philosophy/open-source-misses-the-point.fr.html

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