Internet et Telecom sont dans un ballon
- Reportage: Carine Jaggi
- Montage: Steven Blatter
Zug. Lancement officiel du premier prototype de la x-station. C'est parti pour trois heures de voyage. Destination: la stratosphère. Stationné à 21km du sol, ce ballon rempli d'hélium fournira téléphonie mobile, accès internet et télévision numérique. Pour l'instant, le prototype miniature a transmis sans problème un signal de télévision jusqu'à la terre.
Ce projet futuriste est financé par un seul homme : Kamal Alavi. C'est un ingénieur en aéronautique d'origine iranienne. Il a fait fortune avec ses sociétés high tech en Suisse et aux Etats-Unis . Aujourd'hui il finance de sa poche une cinquantaine de chercheurs à Lausanne, Neuchâtel et Zurich. Son projet pourrait bien révolutionner le marché de la télécommunication. «Pour fournir des services de télécommunication à toute la population suisse, nous aurons besoin d'un à trois ballons, explique Kamal Alavi, CEO de StratXX. Chacun coûtera environs 40 millions de francs». C'est beaucoup moins cher que les milliards investis par Swisscom et ses concurrents pour placer des antennes mobiles un peu partout.
Ecole polytechnique de Lausanne. C'est ici qu'est conçue l'enveloppe du ballon. «C'est un ballon complètement souple sans aucune structure rigide à l'intérieur, explique Joël Cugnoni, docteur en mécanique à l'EPFL. L'objectif est de garder un poids minimum. Il s'agit donc d'une énorme membrane de plus de 70 mètres de long». Bref, c'est la taille d'un immeuble de 25 étages, et il ne pèsera qu'une demi tonne. Du jamais vu. Le matériau du Breitling Orbiter par exemple, est beaucoup trop lourd. Il faut plancher sur une enveloppe encore plus fine.
Pour se maintenir exactement au même endroit, le ballon sera équipé de moteurs et d'un système GPS. Il restera plusieurs mois dans la stratosphère. Mais avant cela, il faut résoudre de nombreux problèmes techniques. Exemple avec les panneaux solaires et les 300 kg de batteries, qui n'ont pas été fabriqués pour voler à cette altitude. Tout le matériel électronique doit être testé dans des conditions réelles: -61 degrés et très peu d'air. Ces conditions météo posent aussi de gros problème au ballon. «A cette altitude durant la nuit, une partie de l'enveloppe sera à 100 degrés et durant le jour, comme le rayonnement solaire sera élevé, la température pourra monter à 0 degrés, explique Thierry Ursenbacher, collaborateur scientifique EPFL. C'est un gros problème vis-à-vis de l'hélium qui sera contenu dans cette enveloppe, car si l'on ne contrôle pas ceci, l'enveloppe risque d'exploser». L'EPFL a développé un système top secret pour compenser les différences de température du ballon.
Côté sécurité, les chercheurs suisses ont prévu tous les cas de figure. En cas de problème, le ballon est muni d'un parachute. Quant au matériel amarré à l'avion-nacelle, il se détache et atterrit en 20 minutes sur la terre ferme. Un gros avantage sur le satellite, car on pourra très facilement réparer les antennes et mettre à jour le matériel.
Selon les initiateurs du projet, ce système permettra de réduire les champs électromagnétiques causés par les antennes. «Comme le ballon se trouve à 20 km du sol, tous les utilisateurs se trouveront à 20 km ou plus des antennes et recevront donc un rayonnement faible, explique Jean-Philippe Thiran, professeur EPFL. Sur la terre, si vous passez à côté d'une antenne de natel en ville, vous recevez la pleine puissance émise». Le problème des réseaux mobiles, c'est que les antennes doivent émettre à pleine puissance pour traverser les bâtiments qui font obstacle. Depuis l'espace, on élimine ce problème. Mais côté Swisscom, on reste très sceptique. «Le téléphone portable de l'utilisateur devra forcément émettre à pleine puissance pour parcourir les 21 km, donc le client sera exposé à une haute intensité de champs électromagnétique, explique Hugo Lehmann, chercheur à Swisscom Innovations. Si vous êtes dans une ville, il y a des antennes qui sont proches des gens et le téléphone peut émettre à une plus faible puissance». De son côté, Kamal Alavi n'est pas d'accord. «Un bon exemple, c'est le téléphone satellite. Son signal doit parcourir 700 km et sa puissance d'émission et presque quatre fois moindre que les téléphones normaux vendus par Swisscom ou Orange».
De toute manière, le marché de Kamal Alavi, c'est d'abord la Chine, l'Asie et l'Afrique. Selon lui, quarante ballons suffiront à couvrir tout le continent africain pour fournir téléphonie mobile et accès internet. L'homme d'affaire n'a pas beaucoup de concurrents. Les japonais viennent d'abandonner leur projet. Reste les Américains. Mais Kamal Alavi veut être le premier sur le marché. Objectif : lancer un ballon grandeur nature l'été prochain.
Carine Jaggi




Commentaires
bonjour,
en lisant vôtre article je serais interressé pour entrer en contact avec la personne qui finance ce projet car je suis déposiataire de brevet d'inventoin indépendant et je recherche des investisseurs afin de mettre en place mon projet qui est dans le domaine de la téléphonie mobile équipé de système solaire intégré je posséde un dépôt de brevet français europe avec une extension monde
pour toute personne intérréssé ils peuvent entrer en contact avec moi sur mmon adresse email qui es la suivante jeanphilippe.charlier@neuf.fr annonce sérieuse pour les personnes qui ne sont pas sérieuse s'abstenir merci d'avance
je voudrai calculer le volume du ballon a -100 c° et 0 °, j'ai besoin d'avoir plus d' info sur le ballon.
merci.
( l'idiotie c'est de ne pas essayer , mais de penser que c'est impossible. et meme en echouant on realise qu'on a appris plus que l'on savait au départ ..et ce qui en découle resemble a un arbre avec plein de branche,l e fruit est au bout il fallu avoir toutes ses branches qui paraissent inutiles ..)
Voici le site de la société qui finance le projet: http://www.stratxx.com/
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