Demain les meubles interactifs

Demain les meubles interactifs
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Publié le 30 janvier 2007
  • Reportage: Carine Jaggi
  • Montage: Ulrich Teiger

Au centre de recherche pédagogique de l'EPFL, chaque séance se fait autour d'une table interactive qui clignote au gré de la discussion. Objectif : indiquer quand une personne s'exprime, repérer qui parle, qui ne parle pas. Et bien sûr tout est gardé en mémoire. «Plus je parle, plus le nombre de lumières devant moi s'allume, explique le professeur Pierre Dillenbourg, directeur du CRAFT. On pourra dire à quelqu'un: regarde tu parles depuis vingt minutes, ou alors: tu n'as pas encore parlé qu'en penses-tu? Le but de cette table est de favoriser la régulation dans un groupe. Apprendre en groupe est plus efficace s'il y a une répartition homogène de la participation. Si quelqu'un domine, les autres apprennent moins».

Et cette table n'est qu'un début. Ce laboratoire a pour mission de fournir à l'EPFL toute une gamme de meubles interactifs. «Dans le futur on va voir de plus en plus apparaître des ordinateurs qui n'auront plus la forme d'ordinateurs mais de table ou de lampe, explique Dr. Frédéric Kaplan, chercheur à l'EPFL. Avec ces ordinateurs, on va interagir d'une nouvelle manière, à plusieurs, de manière publique et partagée. Et non pas d'une manière privée comme c'était le cas avant quand chacun était derrière son écran de portable».

Partager des documents informatiques sur un coin de table, ce sera bientôt possible grâce à une lampe munie d'un projecteur. Tout se passe désormais directement sur la table. Chacun y projette le contenu de son ordinateur portable. Plus besoin de manier la souris, on travaille directement avec ses mains sur la table. En positionnant ses doigts d'une certaine manière, on pourra même photographier un document, grâce à une mini-caméra intégrée à la lampe. «Tout d'un coup la table devient un ordinateur d'un nouveau genre, sur lequel vous allez interagir à plusieurs de manière conviviale et facile» explique Dr. Frédéric Kaplan, chercheur à l'EPFL.

C'est la nouvelle tendance, l'informatique sort de l'ordinateur pour envahir les objets du quotidien et même les bâtiments. Quartier général de Nestlé à Vevey. On reçoit la visite de deux architectes d'un nouveau genre. Spécialité : une architecture électronique, directement inspirée des réseaux informatiques. «Ce qui nous a intéressés chez Nestlé, c'était tous les échanges de données au sein de l'entreprise, les dossiers partagés à travers les réseaux et aussi un fonctionnement permanent, car quand un endroit dort un autre travaille», explique Patrick Keller, architecte chez Fabric.ch.

Leur concept appelé «RealRooms»: reproduire le globe terrestre dans le bâtiment Nestlé. Résultat : chaque bureau devient un endroit de la terre et on y reproduit artificiellement température ambiante, humidité et lumière. Les données proviennent de capteurs installés aux quatre coins du monde. Et s'il faut passer un coup de fil à Tokyo, on utilisera le bureau de Tokyo, question de politesse. «On peut aussi imaginer faire son jogging au pôle nord car il fait plus frais, explique Patrick Keller, architecte chez Fabric.ch. Et si l'on doit faire une projection, on choisira plutôt un espace où il fait nuit. L'idée est de redistribuer les fonctions en rapport au climat qu'on importe dans ce bâtiment».

Plonger la moitié des bureaux dans le noir, évidemment, cela reste une utopie. Nestlé n'a aucune intention de construire le projet, mais ici on ne veut pas rater cette nouvelle tendance. «Ce projet nous permet d'entrer dans le 21e voire le 22e siècle, explique René-Charles Ciocca, design manager chez Nestlé, on peut imaginer qu'il existe un jour une architecture en réseau qui se mélange à une architecture physique».

Après Nestlé, la nouvelle idée des architectes lausannois est de télécharger le soleil tropical sous nos latitudes. Pour cela on a créé «Perpetual (Tropical) Sunshine», un énorme écran qui diffuse en direct la course du soleil tropical. Des ampoules infrarouges reproduisent la lumière mais aussi la chaleur du soleil, grâce à des données météo téléchargées sur internet. L'agence a déjà pu tester son écran sur une place à Lyon, lors du Festival des Lumières. «Le soleil des tropiques nous arrive en temps réel alors que l'on se trouve à des milliers de kilomètres de là, donc il y a toute cette relation à la distance et à la temporalité qui devient tangible sur cette place à Lyon», explique Christophe Guignard, architecte chez Fabric.ch. C'est un simple cercle lumineux mais l'idée que ce soleil vienne des tropiques suffit à provoquer une réaction et changer les comportements des gens face à cette installation". Les tropiques téléchargés dans son salon, et si c'était le luxe de demain.

Commentaires

Portrait de Daniel Posso

Complètement d'accord avec Laurent, j'arrive un peu après la guerre mais clairement il ne faut pas être anti-techno ... après il y'en a pour tous les goûts...on peut très bien avoir envie d'un canapé design à l'ancienne comme quelque chose de plus technologique.
Pareil pour la table évoquée dans cet article !

Chacun ces choix ...

Portrait de Anne Marquis

On ne croit pas rêver, on rêve. Vous croyez vraiment qu'on ait besoin de petites lumières pour savoir qui parle et qui se tait dans un groupe???? Le cerveau humain serait-il dégénéré à ce point????
Enfin, l'inutile n'a pas de prix, n'est-ce pas?

Portrait de Blaze

Il y a des gens qui sont payés pour rendre l'action d'allumer ou d'éteindre des ampoules intéressante et nouvelle..........

Portrait de Laurent Haug

C'est vraiment intéressant tout ça, on peut augmenter l'expérience du monde réel par les technologies.
Cette table pourrait aboutir à qqchose de très utile, dans le cadre de négociations internationales ou en politique, par exemple quand il est important que tous les candidats aient le même temps de parole à la télévision.

et je serais curieux de voir ce que la table apporterait à une discussion entre un latin (un italien ou un français) et qqun de plus introverti. ça serait marrant de constater l'effet social de cet outil, de voir à quel moment la personne la plus animée se rend compte qu'elle monopolise le débat, qu'elle ne lui laisse finalement pas de place.

tout ça pour dire que l'intégration de l'information dans les objets ouvre des perspectives vraiment passionnantes.

Portrait de Laurent Haug

Toujours marrant ces réactions un peu sanguines anti-technologies :)

"On croit rêver", on entendait ça aussi il y a 3-4 ans sur d'autres thématiques, par exemple "vous pensez vraiment qu'on ai besoin d'internet pour faire des commentaires sur les émissions de télé, les gens sont dégénérés au point de plus pouvoir se parler directement?" :D

Par rapport aux "petites ampoules": il y a se "rendre compte" et il y a "montrer à tout le monde que". Si dans une négociation une personne monopolise la parole et que cela saute aux yeux des participants via une visualisation intelligente cela va auto réguler la discussion. Imaginez les photos prises par les journalistes présents montrant que l'émissaire d'un pays a écrasé la discussion?

Il ne faut pas mélanger une innovation de niche comme celle-ci avec un meuble grand public...

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