Des cyborgs et des hommes

Des cyborgs et des hommes
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Publié le 14 février 2007
  • Reportage: Zian Marro
  • Montage: Charles Deregnaucourt-Fischer

L'Américaine Claudia Mitchell, 27 ans, est la première femme bionique. Elle peut commander son bras artificiel à six moteurs uniquement par la pensée. Le système mis au point par l'Institut de Réhabilitation de Chicago est ingénieux. Les terminaisons nerveuses du bras manquant ont été greffées sur le muscle pectoral. Celui-ci agit comme un amplificateur biologique. Les signaux nerveux envoyés par le cerveau sont ensuite captés à la surface de la peau grâce à des électrodes, qui finalement actionnent le mécanisme.

A l'institut de recherche IDIAP à Martigny, on manie l'électrode avec dextérité. Le professeur José del R. Millán travaille sur les interfaces cerveau-ordinateur depuis 10 ans. Et les résultat de se sont pas fait attendre: avec quatre universités européennes, il a mis au point une chaise roulante contrôlée par la pensée. Nom de code du projet: MAIA.

Dans le laboratoire de Martigny, c'est en fait un mini robot qui remplace le fauteuil roulant. Mais le résultat est le même. Le sujet, affublé d'une sorte de bonnet de bain qui peut accueillir jusqu'à 64 électrodes, est capable de diriger le robot dans un labyrinthe de carton.

Des senseurs à la rescousse


Sur l'écran, on distingue précisément les signaux électroencéphalographiques envoyés par chacune des électrodes. « Il n'y a pas deux cerveaux qui sont les mêmes. Donc le cœur du système, c'est un classifieur, un réseau de neurones artificielles, qui est entraîné pour reconnaître les différente commandes mentales que la personnes essaie d'envoyer au robot » explique le professeur José del R. Millán.

Mais il n'est pas facile de savoir à quoi pense l'utilisateur. Un simple mouvement du bras droit, par exemple, active de multiples zones du cerveau. « C'est très difficile d'estimer les commandes mentales de l'utilisateur. Alors nous avons ajouté des senseurs au robot ou à la chaise roulante » précise le professeur belge Marnix Nuttin, de l'Université K.U. Leuven, « cette perception de l'environnement nous permet d'estimer plus précisemment l'intention de l'utilisateur. »

Les premiers test avec une vraie chaise roulante se sont déroulés en octobre 2006 à l'Université de K.U. Leuven en Belgique. L'expérience fut un succès. Mais les scientifiques modèrent très vite ces résultats. Le système est encore lent. Il lui faut beaucoup de temps pour analyser les ordres mentaux de l'utilisateur et les traduire en mouvement. Bref, on est encore loin des premiers tests cliniques.

Questions d'éthique


Aux Etats-Unis, des chercheurs ont tenté une expérience plus radicale. Les électrodes sont directement implantées à l'intérieur du cortex cérébral. Les signaux sont ainsi plus précis. Mais l'implant dans le cerveau Matthew Nagle, tétraplégique volontaire pour l'expérience, a finalement dû être retiré. Les risques d'infection était trop importants. La solution développée à Martigny est pour le moment moins précise mais elle a l'avantage de rendre compte de l'activité cérébrale générale et non d'un seul point précis du cerveau. Le Groupe d'imagerie électrique des Hôpitaux Universitaires de Genève a par ailleurs développé un programme qui permet de visualiser cette activité cérébrale. Cette solution non-invasive est aussi et surtout plus acceptable éthiquement, selon le professeur Millán.

Mais tous les scientifiques ne sont pas de cet avis. Kevin Warwick, professeur de cybernétique à l'Université de Reading en Angleterre, a décidé de se faire implanter une puce munie d'une centaine d'électrodes dans le nerf du bras. C'était en mars 2002 et l'expérience n'a duré que quelques semaines. Son but: commander les machines ou plus précisément fusionner avec elles. Et il a réussi : lampe, machine à café, système d'alarme du laboratoire, mais surtout une main robotique.

Améliorer l'humain


En Suisse, Daniela Cerqui Ducret connaît bien Kevin Warwick. Elle collabore avec lui depuis plusieurs années. « Il met l'accent sur le fait que les technologies développées dans un but thérapeutique peuvent aussi être utilisées pour améliorer l'humain standard. Son ambition est clairement de devenir le premier représentant d'une espèce post-humaine qu'il appelle les cyborgs » annonce calmement la professeur d'anthropologie à l'Université de Lausanne.

Mais si elle travaille avec lui, c'est non seulement intérêt pour le sujet, mais aussi parce qu'elle pressent les dangers des expériences de Wawrick. Car le scientifique a même réussi à contrôler sa main robotique à travers l'Atlantique; les signaux nerveux envoyés par son cerveau ont voyagé sur internet. « Si au lieu d'un membre de remplacement, on pouvait en manipuler 100, 1000 ou des milliers à distance, simplement par la pensée, on voit par exemple dans le domaine militaire les implications incroyables que cela pourrait avoir… »

Amélioration de l'homme ou thérapie, le débat fait rage chez les scientifiques. Mais la fusion homme-machine est déjà une réalité. Oreillette pour téléphone protable, puce RFID dans une dent, les technologies de la communication se rapprochent de plus en plus du corps. Et l'homme s'y habitue très vite.

Commentaires

Portrait de Pearl

Touche. Solid arguments. Keep up the great effort.

Portrait de kévin

bonjour, je pensse qu'aujourd'hui l'homme ne se rend pas compte de toute les possibilités qui s'offre a lui pour évoluer ( pour certain c'est une façon de devenir des surhumain grace a la machine alors qu'il est possible d'utiliser une plus grande capacité de notre cerveau...) malheureusement il y a de nombreux danger qui pourrait nuir a la bonne évolution de l'etre humain mais si l'on voudrais s'arreter a l'évolution standard que toute espèce connait au cours de plusieur million si pas milliard d'année, ce qui est beaucoup trop lent pour nous , l'etre humain veux toujours plus alors qu'il suffit d'étudier d'apprendre et de mettre en pratique certaine chose incontrolable ou juste parce qu'on ne sais pas comment utiliser toute nos capacité intellectuel et mental ( le physique je pensse qu'il faudrai utiliser l' ADN du lion ou autre afin d'avoir des muscle plus résistant et ce qui décuplerais notre force originel ) ... En ce qui concerne le cyborg ( comme terminator 4 par exemple ou marcus n'a plus que son coeur et son cerveau dans un exosquelette robotisé,car pour moi un vrai cyborg n'a plus un corps d'etre humain mais de robot... )apart au point de vue militaire et bien entendu pour sauver des vie je ne voi pas dans qu'elle autre contexte pourrions nous l'utiliser a notre avantage ! Tout ce qui concerne l'intelligence artificiel pour que le "robot inteligent " évolue de lui meme n'est pas une bonne du tout et il ne faut pas prendre toute c'est chose a la légère et a manipuler avec une tres grande précaution... La machine ne pourra jamais remplacer certain plaisir humain,des grande décision humaine qui consiste a sauver des vie et non a calculer le pourcentage de sauver une vie et surtout ne pourra jamais remplacer la reproduction humaine... Cela est mon avis personnel, devenir une machine pour moi n'est pas une évolution concrète et cela ne suit pas l'évolution dans les règles de l'art ... il y a encore temps de chose a apprendre sur le corps humain et son cerveau pour contribuer a notre évolution naturel mais accélérer ;) et non a ajouter des éléments qui pourrai compromettre notre évolution a tout jamais ... C'est juste mon avis personnel, maintenant je ne suis n'y scientifique n'y ingénieur,n'y historien ou autre ... mais en tant qu'etre humain il faut toujours mettre une limite a ne pas dépasser dans certain domaine sinon tout serais a recomencer meme si tout est un éternel recommencement ... j'espère sincèrement que ce message fera plaisir et que certaine chose seront prise en compte ... bonne continuations dans votre travail a tous !

Portrait de yann

Bonjour,

Savez vous au fait que Kevin Warwick vient donner une conférence publique au musée d'ethnographie de Neuchâtel le 29 mars. Voilà un belle occasion de tanner aussi un peu le "cyborg" en personne et pas uniquement ceux qui en parlent...

Meilleures salutations,

Yann

Portrait de postenebras@yahoo.fr

J’était très surpris en lisant, dans l’article http://www.nouvo.ch/115-3 de Monsieur Z. Marro que:

« Dans le laboratoire de Martigny, c'est en fait un mini robot qui remplace le fauteuil roulant. Mais le résultat est le même. Le sujet, affublé d'une sorte de bonnet de bain qui peut accueillir jusqu'à 64 électrodes, est capable de diriger le robot dans un labyrinthe de carton. »

Et pourtant ce jour la, due à quelques problèmes techniques, Monsieur Zian Marro n’a pas pu assister à aucune démonstration de control d’un robot par un sujet. Cela dit, l’imprécision de ses propos ne se limite pas seulement à l’emploi des images d’archive pour remplacer l’expérience manquante mais au fait beaucoup plus grave d’un faux témoignage décrivant au public des faits qui n’ont jamais eu lieu.

Je trouve que ce comportement n’est pas compatible avec la « «Charte d’éthique» (voir dessous) de la TSR. Ne devriez-vous donner quelques explications à tous ces spectateurs que vous font confiance et qui soutiennent votre travail en payant la redevance TV ?

Moi en tout cas, je continuerais à dénoncer ces faits jusqu'à que la TSR donne une explication au public. J’espère qu’on n’aura pas besoin de s’adresser à la presse pour cela.

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2. PRINCIPES PROFESSIONNELS
2.1 Principes de base
Conformément à la mission de service public de la TSR, qui ne s'interdit aucun thème ou
sujet, les collaboratrices et collaborateurs s’imposent une rigueur toute particulière en
matière de déontologie professionnelle. Ils respectent en priorité les trois principes suivants :

2.1.1 Véracité
1) L'information doit être conforme à la réalité des faits.
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Portrait de nouvo

Le contrôle du robot par l'expérimentateur n'est possible que dans un environnement très calme, sans perturbation aucune. Ce qui n'est pas le cas en présence d'une caméra de télévision. Ce n'est donc pas un problème technique qui nous a empêché d'assiter en dierct à la démonstration mais bien la présence même de la caméra tournant autour du sujet.

Néanmoins, l'information a été dûment vérifiée. Non seulement le professeur Jose del R. Millan est un spécialiste reconnu dans le domaine des interfaces cérébrales, mais les deux autres scientifiques sur place au moment du reportage (le professeur Marnix Nuttin de Université K.U Leuven en Belgique et Sara Gonzalez Andino
de Electrical Neuroimaging Group des HUG) ont confirmé la véracité de l'expérience.

Nous avons donc décidé, d'un commun accord avec le Pr. Millan, de rendre compte de ces expériences en ces termes. Il ne s'agit donc nullement de faut témoignage, mais simplement de transmettre au public une information scientifique compliquée de la manière la plus simple et la lus claire possible.

Merci dans tous les cas de votre réaction et de l'intérêt que vous portez à notre émission.

Portrait de Borgia

Super comme thème, c'est le début du 3e millénaire, avec les risques de déviance qu'apporte chaque nouvelle technologie. La science-fiction deviendra une dure réalité un jour...

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