DJ Besho, le rappeur de Kaboul

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DJ Besho, le rappeur de Kaboul
Publié le 18 mai 2007
  • Images: Karim Amin
  • Texte: Emmanuelle Jaquet
  • Montage: Ulrich Teiger

Bandana sur la tête, rivière de faux diam's, pantalons militaires et T-shirt ample, le look du rappeur DJ Besho (prononcer «Béjo») surprend à Kaboul. Plus de cinq ans après la chute des Talibans, cet Afghan de 29 ans revient sur ses terres natales après des années d'exil pour y faire connaître le hip hop, un style musical quasi inconnu dans ce pays encore meurtri par la guerre.

L'Afghanistan influencé par Bollywood



D'allure, DJ Besho a tout du bad boy. Pourtant, ses clips ne montrent aucune bimbo lascive ni n'incitent à la haine et à la violence. Au contraire, DJ Besho chante la misère et la souffrance de son peuple. Il prêche pour la paix et appelle à la réconciliation entre les différentes ethnies du pays. Malgré tout, la pilule du rap passe encore difficilement en Afghanistan, encore très empreint de culture indienne et bollywoodienne.
Comme l'explique un vendeur dans un magasin de disques : «Il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas ce mouvement musical et pour eux, c'est difficile d'accepter ce nouveau style. Certains aiment le rap, d'autres des musiques plus classiques, d'autres aiment les slows. Mais le rap afghan que DJ Besho nous amène, c'est un truc nouveau et l'Afghanistan a vraiment besoin de ce genre de choses.»
Un autre vendeur regrette les influences occidentales du rappeur: «Je tolère tous les styles de musiques, mais ça me dérange un peu, sachant que l'Afghanistan a sa propre culture, qu'il utilise un style musical qui est éloigné du nôtre. Je préférerais qu'il soit plus proche de notre culture et qu'il utilise des instruments locaux, comme le rubab, le tabla ou la cithare.»

Retour d'exil


Né à Kunduz, le petit Bejan fuit en Inde avec ses parents, puis en Chine, à Moscou et enfin en Allemagne, à Wiesbaden, où il passe son adolescence. Après un apprentissage dans l'hôtellerie, il fait plein de petits boulots et traîne de galère en galère. Avec d'autres artistes afghans exilés en Allemagne, il créée ANG pour « afghan new generation», une sorte de réseau de musiciens.
Aujourd'hui, il cherche à se faire connaître dans son pays d'origine et jouit déjà d'une certaine notoriété. A Kaboul, soutenu par Tolo TV, une chaîne privée afghane, il fait partie des privilégiés, mais à Wiesbaden, il retourne à l'anonymat. Comme il le dit lui-même : «En Allemagne, je suis sans emploi et je ne suis rien. Ici, je suis le roi.»
Ca va faire deux ans que DJ Besho cherche à s'imposer en Afghanistan. Pour lui, le rap, c'est un vrai moyen d'expression : «Le hip hop c'est pas seulement de la musique, c'est tout une histoire. L'histoire de souffrances et d'amitiés. Le hip hop, c'est la vie. Ici, les jeunes n'ont pas vu d'école depuis 30 ans, ils n'ont rien vu d'autre que la guerre et moi j'essaie avec ma musique de leur amener quelque chose de positif.»

Commentaires

Portrait de UNKNOWN

Après avoir lu l'articles sur DJ Besho, je souhaiterais éclaircir quelques points par rapport aux commentaires suivantes sur l Afghanistan :
- Plus de 5 ans après la chute des Talibans, un Afghan sur deux vit au-dessous du seuil de pauvreté

CE N EST PAS APRES LA CHUTE DU REGIME TALIBANE QU'UN AFGHAN SUR DEUX VIVAIT ET VIT AU-DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETE MAIS A L ARRIVEE DES MUJAHIDINS EN 1992(ET QUI SONT ACTUELLEMENT AU POUVOIR !)

- Ici, les jeunes n'ont pas vu d'école depuis 30 ans, ils n'ont rien vu d'autre que la guerre...

C'EST VRAI ET FAUX QUE LES JEUNES N'ONT PAS VU D'ECOLES DEPUIS 30 ANS VOIR PLUS.

EN EFFET, PENDANT LE REGIME DU SHAH ZAHER PRESQUE 90% DE LA POPULATION AFGHANE ETAIT ANALPHABET ,POURQUOI? CAR LE ROI NE VOULAIT PAS QUE LES GENS S'INSTRUISENT ET SE METTENT CONTRE LA MONARCHIE.

TOUTEFOIS APRES LA CHUTE DU REGIME DU SHAH IL Y A EU PAS MAL DE CONSTRUCTION DES ECOLES, ET DE PROGRES EN AFGHANISTAN MAIS MALHEUREUSEMENT A LARRIVEE DES MUJAHIDINS EN 1992 LES ECOLES ONT ETE DETRUITES CAR ILS CONSIDERAIENT QUE S'INSTRUIRE C'ETAIT CONTRE L'ISLAM.

Portrait de gilles

bonjour,

Désolé de décevoir certains d'entre vous, mais cette petite histoire sympathique m'apparaît extrêmement clairement comme une vulgaire propagande culturelle, c'est évident que ce mec n'est qu'un pur instrument politique...tout a fait classique... (cf. voir Jr, artiste des banlieues françaises -> www.jr-art.net -> idem, mis en place par Villepin pendant les émeutes pour servir de médiateur)

je suis le seul de cet avis?

voila voila

Portrait de Julie

Etant moi-même une afghane je trouve ce qu'il fait génial ça pourrait vraiment rapporter beaucoup car les jeunes c'est l'avenir et là il les met dans le droit chemin peut-être que ça fera changer les choses du moins je l'éspère car je suis triste de trouver mon pays dans la douleur et la souffrance.

Portrait de Guillaume

DJ Besho sera en concert à Londres le 19 décembre à l'occasion du Afganaid.

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