Le bateau qui vole
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Au compteur, 38 noeuds. Cheveux au vent. La très grande voile en carbone de 135 m² se tend. L'Hydroptère s'élève à 3 mètres au-dessus de la Méditerranée, au large de Marseille. Et le trimaran file à toute allure, sans tressauter. Mieux, il fait fi des vagues, et plane. Seul élément encore en contact avec la Grande Bleue, ses foils, deux ailes de 6m50 qui portent les 5 tonnes de ce curieux navire au-dessus des flots.
Le rêve d'un homme
La campagne pour battre le record absolu de vitesse à la voile bat son plein. Ce record, c'est le rêve d'Alain Thébault, skipper de l'Hydroptère. Depuis 20 ans, il consacre sa vie à son trimaran volant. Un rêve qu'il partageait avec Eric Tabarly. Depuis, bien du chemin a été parcouru, l'Hydroptère vient de franchir, pour la première fois le « mur du vent », avec une pointe à plus 52 nuds. Mais il n'est pas encore l'engin à voile le plus rapide du monde. Pour y parvenir, il reste au trimaran à stabiliser cette vitesse de 52 nuds (98km/h) sur 500 mètres. Car surprise, c'est un kitesurf qui est pour l'heure détenteur du record
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L'EPFL soulève l'Hydroptère
Et cette prouesse technique, l'Hydroptère la doit notamment aux ingénieurs de l'EPFL impliqués dans le projet en 2005. Aujourd'hui, le bateau est un vrai condensé de technologies de pointe, à cheval entre la navigation et l'aéronautique. Parmi les innovations apportées par l'école lausannoise, celle du CV Lab. Une solution de traitement par image. Plusieurs caméras disposées sur le bateau filment les voiles et les foils. Ce qui permet de calculer avec précision leur déformation et leur immersion.
L'implication de l'EPFL dans le projet, et même son sauvetage, l'équipe de l'Hydroptère le doit à un Suisse, le banquier genevois Thierry Lombard. « Il nous a appelé à une époque où nous étions en difficulté. Et grâce à lui on est passé d'un bateau abimé à un engin qui potentiellement peut devenir le plus rapide de la planète sous un ou deux mois », s'exclame Alain Thébault. Le budget annuel du projet s'élève à 5 millions de francs.
Un catamaran volant sur le Léman
Et dès la fin de l'année, le banquier va financer la construction d'un mini-hydroptère laboratoire. Un catamaran qui volera sur le lac Léman et devrait servir d'ébauche à un maxi-hydroptère. « L'idée c'est d'avoir un bateau plus petit sur lequel le changement d'une pièce est plus aisé. Cela nous permettra d'enregistrer beaucoup de données en changeant les dispositions, les configurations, les réglages, ce que nous ne pouvons pas faire sur le modèle actuel », explique Jean-Mathieu Bourgeon, le responsable scientifique de l'Hydroptère.
Et comme les rêves d'Alain Thébault n'ont pour limite que la grandeur des océans, le maxi-hydroptère devrait d'ici 5 ans effectuer un tour du monde en moins de 40 jours. Même Jules Vernes n'osait en rêver.






Et il y a un blog dédié aux bateaux volants : Foilers ! http://foils.wordpress.com/