Croquer dans le futur
- Reportage: Laetitia Wider
- Montage: Charles D. Fisher
- Animations et micro-trottoir: Jean-Daniel Kneubuhler, Zian Marro
C'est un verger, dans le canton de Schaffhouse, non loin du Liechtenstein. Sur quatre rangées, à perte de vue, des pommiers revêtus de leur apparats d'automne : ornement de belles croquantes à la peau rouge éclatante. Mais surprise, au moment de planter ses crocs dans le fruit défendu, le regard se laisse accrocher par une chair tout ce qu'il y a de plus écarlate.
Voici la première pomme à chair rouge, obtenue après plus de 10 000 croisements de variétés, garantie sans modification génétique. Née des talents marketing d'une société hollandaise et des mains habiles d'un spécialiste suisse de la sélection fruitière , Lubera, cette pomme devrait envahir les étals des supermarchés du monde entier d'ici deux ans. « Dans les supermarchés, il y a peu de places pour les nouveautés. Pour introduire un produit, il faut généralement en faire disparaître un ancien, explique Victor Eijkman, associé de Next fruit Generation. Mais avec ces caractéristiques tellement singulières, cette pomme rouge devrait trouver sa place et s'ajouter à la gamme des produits déjà existants. »
L'argument marketing qui tue
La chaîne britannique Mark&Spencers s'est déjà montrée intéressée par cette nouvelle variété, et le plus grand producteur de cerises des Etats -Unis devrait prochainement se lancer dans la culture sous licence de cette pomme rouge. Pas étonnant, car outre sa chair rouge spectaculaire, ce fruit a surtout la particularité d'être plus riche en antioxydants que la moyenne des pommes. Un argument marketing massue : manger de la pomme rouge prévient le vieillissement cutané. De quoi éveiller la Blanche-Neige qui sommeille en chaque consommatrice.
Le temps du «snacking»
Désormais, il ne suffit plus d'être simple producteur de fruits, il faut également porter un projet marketing dans un paysage fruitier de plus en plus concurrentiel. A Biarritz, le pays du kiwi, on cultive le fruit vert depuis plus de 40 ans. Scaap kiwifruits, la société leader du kiwi en France, s'est ainsi diversifiée ces dernières années, notamment avec un kiwi jaune plus sucré. Elle va lancer d'ici trois ans un mini kiwi sans poil sur le marché. «Les habitudes ont évolué vers une consommation plus nomade. On aime grignoter au bureau ou dans sa voiture. C'est pour cela que l'on développe des produits dit de »snacking«, comme ce mini-kiwi qu'on mange avec la peau et en une seule bouchée», explique Patrick Piquin, directeur de Scaap kiwifruits.
Des variété nouvelles mais aussi plus chères. Les étals de fruits seront-ils encore plus bigarrés à l'avenir? C'est le consommateur qui tranchera, d'un coup de canine!




Commentaires
j'ai testé les minis kiwis, je déconseille, rien à voir avec le vrai kiwi et super laxatiffffffffff !!!!!!! à éviter absolument surtout pour les enfants !
Trop beau. Pourquoi bouder son plaisir.
Comme quoi les gens n'ont à ce jour même plus le temps de s'arrêter deux minutes pour manger un kiwi. Simple fénéantise? Les consommateurs ne consomment plus selon leur besoin mais selon une mode. C'est pittoyable de constater que les gens sont tentés de manger une pomme simplement parce qu'elle a une couleur différente!!!
Carrément débile la pomme rouge dedans
Il faut voir!
Si cela permet d'éviter les produits chimique , pourquoi pas! Il existe bien des patates bleues!
Je préfère encore le croisement de plan plutôt
à une modification génétique OGM
Par contre il est nécessaire de sauvegarder les anciennes variétés.
Reste maintenant à connaître sa capacité à se reproduire
ou est-ce un mulet? Qui a été conçus uniquement dans un
but commercial?
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