La ba-bush volante
- Reportage: Laurent Burkhalter
- Montage: Ulrich Teiger
« Je ne m'intéresse pas à la politique. Je les ai achetée pour leur look original, et non pour leur valeur symbolique. » Etienne Pfyffer flâne sur les quais de Lutry, fier de ses nouvelles pompes. Selon leur fabricant, ces chaussures sont exactement le modèle lancé contre l'ancien président américain Georges Bush, en pleine conférence de presse à Bagdad le 14 décembre 2008.
Les images de l'incident ont fait le tour du monde. Impossible de reconnaître les chaussures, même avec un arrêt sur image. Mais Ramazan Baydan, un fabricant de chaussures turc, insiste : ce sont bien les siennes. « En regardant le téléjournal, je les ai tout de suite reconnues. Je les ai dessinées moi même il y a une dizaine d'années. »
Une paternité contestée
Ramazan, qui travaille dans le secteur de la chaussure depuis l'âge de 11 ans, flaire immédiatement le bon coup. Il rebaptise son modèle « Bye Bye Bush ». Les commandes affluent du monde entier et les ventes décuplent. « Malgré la crise économique, notre entreprise est florissante, grâce à Bush ! », se réjouit l'un des employés. Une centaine d'ouvriers supplémentaires ont été engagés pour répondre à la demande.
Les affirmations de l'entreprise Baydan sont difficiles à vérifier. Des fabricants chinois, libanais et irakiens ont revendiqué la paternité de ces chaussures. On ne saura peut être jamais qui les a produites, car les chaussures lancées par le journaliste ont été détruites. Pour l'instant, il faudra croire Ramazan sur parole.
Saddam Hussein top model
A Istanbul, la politique et la mode font bon ménage. Recep Cesur est l'ancien tailleur de Saddam Hussein. Quand l'ex dictateur apparaît pour son procès portant l'un de ses complets, Cesur devient une super star. Au Moyen Orient, les hommes s'arrachent ses costumes. Les ventes augmentent de 100 %. « Saddam était très élégant, comme un mannequin » se souvient Recep.
Recep, comme le fabricant de chaussures, profite de l'association de son produit avec une célébrité. Mais il insiste que son histoire est d'avantage crédible. « Personne ne sait réellement qui a fabriqué ces chaussures. Mais avec mes costumes c'est différent, les gens ont même pu voir mon étiquette sur la manche de Saddam. »
Qu'importe la vérité, le fabricant de chaussures a déjà réussi son coup. Muntadhir al-Zaidi, le journaliste irakien qui a lancé ses chaussures, attend toujours son procès. Il est poursuivi pour agression contre un chef d'Etat et a déjà demandé l'asile politique en Suisse. Pour le remercier d'avoir dopé ses ventes, Ramazan Baydan dit qu'il est prêt à lui offrir des chaussures à vie.




Commentaires
C est genial on pourra se rappeler comme ca de bush
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