Strip-tease à l'aéroport
- Reportage: Emmanuelle Jaquet
- Montage: Charles D.Fischer
«Je ne trouverais pas très sympathique de me faire contrôler par ce scanner. Je préférerais me faire fouiller par le personnel de la sécurité», réagit une passagère interrogée à l'aéroport de Zurich. La jeune femme s'exprime au sujet de ce super scanner venu droit des Etats-Unis. Testé en septembre dernier à Kloten, ainsi qu'à Amsterdam ou Heathrow, ce portique déshabille les passagers… Un peu trop au goût des européens. Sur l'écran de contrôle apparaissent clairement les parties intimes des personnes scannées, une atteinte à la sphère intime, selon ses détracteurs. La controverse a stoppé tout projet d'acquisition de la part d'aéroports comme Zurich ou Nice.
La polémique va sans doute profiter à d'autres, comme au groupe français Thales. Ses ingénieurs peaufinent un «smart corridor», un couloir intelligent qui vise à renforcer le contrôle sécuritaire tout en accélérant le flux des passagers. Des capteurs placés derrière les parois permettent de déceler la présence d'objet caché, quelle que soit sa matière, ainsi que la présence d'explosifs.
«Ce système est entièrement passif, explique Jean-Luc Zolesio, directeur du Comité Recherche et Technologies de sécurité chez Thales. C'est-à-dire qu'il n'émet rien. Il utilise uniquement des rayons naturels du corps. Il n'y a donc aucun risque pour la santé.» Sans compter qu'il rend une image floue des individus et respecte ainsi totalement leur vie privée. Des aéroports européens auraient émis un intérêt et devraient tester ce «smart corridor» courant 2009.
Autre lieu, autre technologie. A Lyon, au Salon européen des technologies et de l'information et de la communication, un système encore différent a été présenté aux visiteurs. Cet appareil dernier cri, détecte grâce à une caméra les photons, les microparticules de lumières émises par le corps. L'image de l'individu répercutée sur un écran de contrôle est floue et garantit l'intimité des personnes.
Pour l'heure, l'aéroport de Genève se montre prudent et n'envisage pas de s'équiper de ce genre de technologies. Avant le scanner qui fasse l'unanimité, la fouille corporelle a encore de beaux jours devant elle.




Commentaires
A moins d'être né de la dernière neige, impossible d'ignorer le fait que ces fameux "body scanner" ne sont rien d'autre qu'un banal scanner à rayons X couplé à un ordinateur très puissant capable de traiter les signaux reçus pour en trier les différentes informations avant de les afficher selon les désirs du client.
Un "simple" calcul informatique et une sélection appropriée des signaux reçus permettra d'afficher le genre d'objet désiré. Si on veut afficher le corps humain, on choisit une certaine partie du spectre; si on veut afficher les objets en plastique, on en choisit une autre; si on veut afficher les objets métalliques on en choisit une troisième.
De même, si on désire afficher tout ce qui n'est pas corps humain, on modifie les calculs de l'ordinateur de manière à ne lui faire afficher que le résultat désiré.
Encore plus fort ! L'ordinateur pourra afficher ces résultats sous forme de nuages de points, de réseau géométrique, de surfaces, ou de tranches !
Ainsi, il suffit d'un tout petit réglage du programme informatique pour que le corps de la personne soumise au body scanner soit vue comme une constellation stellaire (comparaison flatteuse), une charpente métallique, selon les courbes de niveau d'une carte topographique ou alors déshabillée par un oeil inquisiteur informatique.
Pour des questions de sécurité et de lutte contre la criminalité ou le terrorisme, le meilleur choix d'affichage aurait dû être le nuage de points car il permet de voir en transparence aussi bien ce qui est "devant" le sujet que ce qui se cache "derrière" lui sans avoir à le faire pivoter.
Finalement, tout ceci n'est qu'une question de choix de l'utilisateur et je laisse aux psys de service le soin d'expliquer pourquoi les autorités aéroportuaires ont choisi une visualisation aussi pornographique...
Voir les différentes représentations d'un body scan: http://www.bodyscan.human.cornell.edu/sceneba0c.html
Bel exemple de n'importe quoi journalistique.
Pour une analyse en profondeur :
http://aeronote.vox.com/library/post/contr%C3%B4le-pr%C3%A9-embarquement...
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