Le virtuel soigne vos angoisses
Vidéos récentes
Vidéos similaires
Gaël, 35 ans, est acrophobe. En clair : il a peur du vide. Avec le temps, son sentiment d'angoisse s'est amplifié : «A cause de ma phobie, il y a certaines choses que je ne fais plus. Par exemple, monter au sommet de la Tour Eiffel.»
Aujourd'hui, c'est d'ascension virtuelle, qu'il s'agit. Gaël teste une application du département de psychiatrie de l'Université de Bâle. Une console dans les mains, trois écrans géants autour de lui, il grimpe les étages d'un immeuble. Arrivé au sommet, il doit franchir une poutre suspendue dans le vide. Le trajet se fait en une ou plusieurs séances, au rythme du patient. L'univers virtuel permet de s'exercer, sans le stress de la réalité. «Le but de la thérapie, ce n'est pas que la peur disparaisse complètement, explique le psychologue Marcel Delahaye. L'objectif est d'apprendre à la maîtriser. Deux tiers de mes patients y parviennent.»
Le traitement proposé par Marcel Delahaye inclut, en plus des séances en laboratoire virtuel, des sorties en extérieur. La cathédrale de Bâle est un très bon terrain d'exercice ! Pour réussir à dominer sa phobie, il faut compter une douzaine de séances, dont la moitié en laboratoire virtuel.
Le son, aussi puissant que l'image
Autre phobie, autre lieu. L'Institut de recherche et coordination acoustique (lRCAM), à Paris, participe à un projet européen* sur la peur des chiens, financé par la Commission européenne. «En thérapie virtuelle, on néglige souvent l'aspect auditif alors qu'il est très important » commente Isabelle Viaud Delmon, neuropsychologue. L'IRCAM a soumis à des tests de réalité virtuelle des volontaires phobiques des chiens. Ils ont dû se confronter à des molosses plus vrais que natures, mais surtout à leurs aboiements. «J'avais le sentiment que le chien pouvait venir par derrière m'attaquer», décrit Carlos. «Avant de se prêter à cet exercice, raconte Isabelle Viaud Delmon, tous les volontaires étaient convaincus que sans voir les chiens ils n'auraient pas peur. Au final, presque tous ont pourtant avoué avoir ressenti un sentiment d'appréhension.» Résultat, aucune morsure, mais une certitude : le son est aussi puissant que l'image.
*Autres partenaires : le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique)






Ajouter un commentaire