Le ciment lave plus blanc
- Reportage: Emmanuelle Jaquet
- Montage: Charles D.Fischer
Des façades, des parkings ou encore des giratoires qui contribuent à assainir l'atmosphère: ce n'est pas une utopie, mais le résultat d'une innovation mise au point par une société franco-italienne.
Le principe est simple: le ciment utilisé dans ces constructions contient du dioxyde de titane. Sous l'effet des rayons du soleil, ces particules mélangées au ciment vont dégrader les oxydes d'azote qui émanent des voitures. La pluie va ensuite lessiver le sel qui résulte de cette réaction chimique. «Notre savoir-faire, explique Fouad Amin, ingénieur chez Ciments Calcia, porte sur la façon de mélanger et de disperser efficacement ce dioxyde de titane dans le ciment.»
Les expériences menées en laboratoire entraînent une réduction de 60% à 80% de la teneur en oxydes d'azote. A l'extérieur, les tests donnent des résultats plus aléatoires : «Dans la nature, analyse Fouad Amin, la luminosité varie selon l'ensoleillement et le vent a tendance à disperser la pollution.» Produit de niche, ce ciment coûte encore huit fois plus cher qu'un ciment traditionnel.
En Suisse, par de ciment miracle. Les cimentiers suisses, qui font partie des gros pollueurs, concentrent davantage leurs recherches sur la diminution de CO2. Plus de 4000 tonnes de ciment sortent chaque année des usines suisses. En parallèle, des centaines de milliers de tonnes de CO2 sont envoyées dans l'atmosphère. Sous la pression de la loi en révision sur le CO2, les cimentiers suisses ont pourtant déjà fait de gros efforts et ont diminué, en 10 ans, de 40% leurs émissions de gaz carbonique.
A l'EPFL, au laboratoire des voies de circulation, le bitume focalise toutes les attentions. Ce dérivé du pétrole, mélangé à des granulats, recouvre l'essentiel des routes suisses. La fabrication d'enrobés se fait à très haute température et, comme pour le ciment, engendre une forte pollution.
L'équipe de professeur André-Gilles Dumont teste des méthodes de fabrication à température moins élevée, donc moins polluantes, et évalue ensuite la résistance et la durabilité de ces enrobés moins nocifs pour l'environnement. «Les producteurs ont pris conscience de cette nécessité avec l'augmentation du prix des carburants et les taxes sur le CO2», explique André-Gilles Dumont.
Pour l'heure, il semblerait que ces mixtions de bitume et granulats ne soient pas aussi performantes que les mélanges traditionnels. Bref, du ciment au goudron, les industriels cherchent toujours le produit miracle qui leur redonnent bonne conscience…




Commentaires
Salut Fouad,
La meilleure solution contre le CO2 n'est elle pas le moteur propre ou le vélo et le ferroutage?????
a ++
serge
J'ai déposé en février 2007 une Motion(M 1741) Au Grand Conseil de Genève concernant ces produits photocatalytiques et suite à des rencontres avec les producteurs italiens, une entreprise de fabrication de peinture(Asmédia à Meyrin) représente différentes applications de cette technique dépolluante.Les crépis par exemple sont d'un rapport qualité / prix très intéressant.
Eric Leyvraz , Président du Grand Conseil canton GE
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