Le rêve d'Icare

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Le rêve d'Icare
Publié le 17 décembre 2009

Reportage: Laurent Burkhalter
Montage: Charles Fischer
Graphisme: Sophie Bolay
Mixage: Philippe Lahaye

Des ingénieurs suisses veulent faire un tour du monde grâce à une voiture hélio-solaire. Rencontre avec ces aventuriers qui rêvent de s'affranchir du pétrole.

La voiture de Marc n’a rien d’un tout terrain. Pourtant il va devoir affronter des routes difficiles. Avec elle, ce jeune ingénieur veut faire un tour du monde, grâce aux énergies renouvelables. Le jour, des capteurs solaires feront tourner un moteur électrique. Et la nuit, une éolienne sera plantée pour recharger les batteries.

« Il y a plein d'appréhensions car la création du projet est déjà difficile, confie Marc. Puis il y a toutes les craintes qu'on peut avoir par rapport au voyage, comme le vol, l'accident, la fiabilité du véhicule. »

interview complémentaire de Marc Muller, initiateur du projet ICARE

C’est la première fois qu’une voiture éolienne et solaire tente le tour du monde. Marc a baptisé son projet « Icare ». Il veut prouver qu’il est possible de s’affranchir du pétrole. Mais contrairement au héros mythologique, il est convaincu de pouvoir atteindre son but, sans se brûler les ailes.

Marc et son copilote traverseront une trentaine de pays. Pendant leurs escales, ils tourneront des petits reportages sur des sites liés au développement durable, par exemple des parcs éoliens en Amérique du Nord, des projets de reforestation en Amazonie, ou encore des mines de Lithium en Bolivie.

« Une des forces de ce projet est d’explorer la notion d’écologie dans différents pays et de voir comment ils l'adaptent au quotidien, explique Annabelle Peringer, membre du projet ICARE. Est-ce une préoccupation importante pour eux, ou au contraire, secondaire par rapport à des problématiques sociales, économiques, politiques ? »

Marc et son team estiment leur budget à 500 000 francs. Ils ont déjà trouvé un tiers de la somme auprès d’entreprises en échange de visibilité. Mais leur soutien le plus concret est ailleurs. A l’école d’ingénieurs de Fribourg par exemple, une étudiante participe au projet dans le cadre de son diplôme. Sa responsabilité : concevoir le système éolien le plus léger et performant possible.

« Je m’intéresse depuis longtemps aux énergies renouvelables, alors ce projet qui associe en plus le facteur chose humain m'a tout de suite intéressé, se réjouit Sarah Delacombaz. Mon rôle est de trouver une éolienne aussi légère et résistante que possible, afin que Marc ne perde pas de temps avec une casse en plein désert par exemple. »

interview complémentaire d'Hervé Bourrier, Prof. EIA Friboug

interview complémentaire de Pascal Bovet, resp. dép. technologies industrielles EIA Fribourg

interview complémentaire de Sarah Delacombaz, étudiante EIA Fribourg

L'école d'ingénierie et de gestion de Vaud ainsi que Jacques Neirynck et Robin Cornelius figurent parmi les autres partenaires et parrains du projet. Grâce à son team, Marc espère avoir le vent en poupe dès ce printemps pour débuter son périple.

Commentaires

Portrait de Michael Bigler

‎"(…) Au terme de toutes ces recherches, force est de constater que le développement de projets technologiques d’une telle nature se heurte à tout un système économique basé sur une conception du profit à court terme. Et c’est en cela que le développement durable rencontre aujourd’hui le plus de difficultés quant à son essor : en effet, les vecteurs de réalisation pratique d’une telle vision de l’homme, de la nature et de la technique se heurtent encore inévitablement à l’ensemble d’une dynamique économique basé sur le profit immédiat.

De manière plus large, vouloir sortir des solutions de facilité, que représentent par exemple les énergies fossiles, c’est un peu se prétendre David face au Goliath du capitalisme, capitalisme qui aurait pourtant tout avantage à suivre sa politique d’investissement jusqu’au bout et se donner les moyens d’une prospérité durable.

La difficulté que nous avons rencontré à collaborer pour la recherche de solutions concrètes à ce projet, avec les différentes entreprises que nous avons contactées, ne le démontre que trop : la science n’est plus comme dans l’idéal des Lumières un instrument pour améliorer la condition de l’humanité, mais bien un instrument de pouvoir. La technologie ne sert plus l’homme, c’est l’homme qui se sert d’elle à des fins trop souvent personnelles.

Si ce projet nous a paru d’emblée intéressant, c’est précisément en cela qu’il incarnait toute la schizophrénie actuelle du monde scientifique, ballotté entre d’un coté ces antiques idéaux d’humanisme rationaliste et d’utopies scientistes, et de l’autre son asservissement quasi-total à la fatalité d’un système économique vieux comme le monde :
le cynisme et le pragmatisme individuel.

A la fois un peu mal à l’aise de sa compromission et fière de son savoir, l’ingénieur devra jongler toute sa vie pour maintenir, tant bien que mal, cet équilibre fragile entre le besoin de sauver sa peau et le devoir d’essayer de sauver un peu celle des autres."

M. Bigler W.

Conclusion d'un travail de diplôme :
"Développement d'une pico-turbine électrique pour pays émergents" (Projet Phare de la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud, HEIG-VD session 2006)

http://www.youtube.com/watch?v=2mTLO2F_ERY

Portrait de John Hazel

LE MYTHE d'Icare :

Dédale construisit avec de la cire et des plumes, deux paires d’ailes semblables aux oiseaux pour s’envoler, lui et son fils Icare, loin du grand Labyrinthe. Il conseilla Icare de ne voler trop haut de peur que la chaleur du soleil ne fît fondre la cire.

Mais l’enthousiasme d’Icare l’emporta trop haut, dans les airs. Et comme il s’approchait du soleil, la cire de ses ailes fondit et il fut précipité dans la mer..

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