Iran: les dessous de la web-révolution
Reportage: Brigitte Perrin
Montage: Karim Trabelsi, Charles D. Fischer
Mixage: Philippe Lahaye
Le chef de la police iranienne l'a affirmé: envoyer des sms et des e-mails pour organiser des manifestations sera désormais considéré comme un crime plus grave que de participer aux rassemblements. Des appels à manifester le 11 février, pour le 31e anniversaire de la révolution islamique circulent pourtant sur internet et les opposants au régime s'adonnent à un véritable jeu du chat et de la souris pour déjouer la censure du gouvernement.
En Iran comme partout dans le monde où vivent des Iraniens, durant les semaines qui ont précédé le 31e anniversaire de la révolution, le 11 février 2010, les opposants au régime ont organisé leurs rassemblements sur internet. On avait déjà vu cela lors de l'élection contestée du président Ahmadinejad en juin dernier, mais cette fois-ci, le climat de répression est bien plus dur.
Aujourd'hui, utiliser les réseaux sociaux pour se mobiliser relève d'une tactique à haut risque pour les Iraniens qui continuent à défier les avertissements et les sanctions sévères des autorités. L'Etat, de son côté, contre-attaque en annonçant que le débit d'internet sera ralenti durant toute la semaine de l'anniversaire de la révolution. Mais véritable défi pour les Iraniens d'Iran et ceux de la diaspora, c'est de réussir à communiquer malgré une large censure.
Pour contrer cette censure, les Iraniens ont trouvé une solution : l’anti-filtres. En Suisse, on se connecte sans probème sur n’importe quel site. En Iran, une cyber-police met en place des filtres. Ceux-ci empêchent l’internaute d’aller visiter des sites définis comme sensibles par le régime. Pour y accéder, les Iraniens se procurent alors ces petits logiciels qui permettent de se brancher sur un serveur à l’étranger pour surfer librement. Chaque jour, de nouveaux filtres sont créés, et autant d’anti-filtres. Ajoutez-y quelques attaques de hackers, et c’est un véritable jeu du chat et de la souris !
Depuis l’élection d’Ahmadinejad en juin dernier, une véritable cyber-guerre est déclarée entre opposants et partisans du régime. Il faut dire que les iraniens sont férus d'internet: plus de 4 Iraniens sur 10 sont connectés, et la moitié de la population a moins de 30 ans. La blogosphère iranienne est l’une des plus actives au monde avec plus de 60'000 blogs actifs.
Avant la révolution de 1979, Khomeini envoyait des enregistrements en Iran depuis son exil en France. Aujourd'hui, c'est Youtube, twitter et facebook qui ont pris le relais des bandes magnétiques, et la diaspora iranienne est déterminée à utiliser internet pour faire circuler l'information sur ce qui se passe en Iran et que plus aucun journaliste étranger n'a l'autorisation de suivre.
Bonus: La censure inforomatique à l'échelle d'un Etat. Interview de Paul Such, spécialiste en sécurité informatique:




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