Les yeux du ciel
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L’aide humanitaire ne peut plus se passer du «crisis mapping». Après une catastrophe naturelle comme le séisme qui a touché Haïti, la cartographie de crise est devenu un outil indispensable.
Quelques heures seulement après le tremblement de terre qui a ravagé Port-au-Prince et sa région, une dizaine de satellites orientaient déjà leurs radars en direction de l’île.
Au même moment, à Genève, des géographes de l’UNOSAT étaient alertés. Pour Francesco Pisano, le directeur de l’agence des Nations-Unies, alors que les moyens de communication étaient coupés
, il fallait répondre rapidement à des questions essentielles «Le matin suivant, nous avons été réveillés à trois heures du matin. À 9 heures, les premières questions à Genève étaient: que s’est-il passé? Où est l’épicentre? Et de quelle amplitude était le séisme?». Les images livrées par les satellites après avoir répondu à ses questions ont permis aux secours d’intervenir efficacement sur le terrain.
Une course contre la montre commence alors pour les géographes. «Une équipe comme celle d’UNOSAT peut produire 6000 points par heure, explique le directeur. Cela signifie que 6000 caractéristiques comme des bâtiments par exemple, sont identifiées et analysées sur photo satellite. Chaque minute compte.»
Le travail est immense et les contributions nombreuses. Dès le lendemain du séisme, des centaines de bénévoles à travers le monde cartographiaient Haïti. Grâce au Web, des géographes amateurs peuvent participer à l’effort et cartographier Haïti à l’aide d’images satellite. Pour Pierre-André Vullioud, un bénévole d’OpenStreetMap.org «c’est une cartographie qui ne s’arrête jamais. Il y a des gens un peu partout sur la planète qui font ce travail. C’est une forme de solidarité qui permet pratiquement de faire quelque chose depuis chez soi après une catastrophe».







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