Tu vois ce que j'entends?
- Reportage: Zian Marro
- Montage: Enrico Pizzolato
- Mixage: Philippe Lahaye
- Animation: Jean-Daniel Kneubuhler
Un procédé suisse permet de redonner vie aux vieux microsillons craquelés ou cassés. A partir d’une photographie haute résolution du disque, un logiciel recrée le son initial. Le procédé est unique au monde.
Crrrrrrrrrrrrrrr-dzcrrrrrrrrrrrrrrrrrr-dzrrrrrrr… Qui n’a pas encore en mémoire, tout au fond de l’oreille, le grésillement d’un vieux 78 tours ? Ah… nostalgie ! Ô charme d’antan ! Mais lorsque le microsillon est rayé ou cassé, le bon vieux tourne-disque n’y peut plus rien.
Aujourd’hui il est possible de faire revire ces précieuses archives, et même de les conserver sous forme de fichiers numériques. Le projet Visual Audio, lancé en 1999 à l’Ecole d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg, arrive à maturité cette année. Le principe est simple : photographier le disque afin de visualiser avec précision la forme du sillon. Un logiciel recrée ensuite la forme d’onde du son à partir de cette image.
Pour la Radio Suisse Romande (RSR), c’est une révolution. Dans ces archives dorment des dizaines de milliers de 78 tours « à gravure directe ». 
Ces disques sont les ancêtres de la bande magnétique. Utilisés entre 1935 et 1955, ils sont les tout premiers enregistrements radiophoniques, et ont permis de libérer la radio du direct, obligatoire à l’époque. «Il y a environ 20% à 30% de ces disques qui sont sérieusement endommagés, constate Ralf Dahler, responsable des archives de la RSR. Ce n’est qu’à partir de l’année dernière que nous avons commencé à utiliser le système Visual Audio.»
Première étape, photographier le disque avec une résolution qui dépasse les capacités du plus performant des appareils numériques. «On utilise l’argentique parce qu’on a besoin d’une résolution de 2’500 mégapixels, c’est-à-dire 100 fois plus que les meilleurs appareils photos numériques», explique le professeur Ottar Johnsen, de l’Ecole d’ingénieur et d’architecte de Fribourg.
Ensuite il faut scanner cette photo grâce à un dispositif rotatif équipé d’une caméra numérique linéaire et d’une source lumineuse.
On obtient ainsi une image du sillon très précise. Développé conjointement par l’Ecole de Fribourg et la Phonothèque nationale à Lugano, le logiciel de Visual Audio crée enfin un fichier audio à partir de l’image du sillon. «Nous produisons des fichiers à haute résolution pour l’archivage, se réjouit Stefano S. Cavaglieri, directeur technique de la Phonothèque nationale. Et pour le grand public, nous générons des fichiers comprimés en mp3.»
Actuellement encore dans les laboratoires de l’Ecole fribourgeoise, le système unique au monde sera installé dès cet été dans les studios de la Phonothèque nationale. Tous à vos vieux disques !





Commentaires
Je n'ai jamais cru à la disparition des microsillons pas plus qu'à celle de la photo argentique.
Certes les "cd", et autres appareils photos numériques ont permis l'accès à la photo et à la musique plus rapidement au plus grand nombre..
Il nous sera donc possible de réentendre des sons que nous conservions uniquement dans nos mémoires, ou d'autres totalement méconnus.
Une belle et importante étape pour la recherche et la culture.
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