Le virtuel : ça pollue !

Le virtuel : ça pollue !
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Publié le 12 mai 2010

Reportage: Yann Dieuaide
Montage: Cyril Moulin
Mixage: Philippe Lahaye

Surfer sur Internet, utiliser son natel, regarder la télévision via un boîtier numérique, ces gestes font désormais partie de notre quotidien. Mais ils ne sont pas inoffensifs, ils ont un impact direct sur l’environnement. Au cœur de cette pollution virtuelle : les centres de données.

File 4304Aujourd’hui, près de 40% des Suisses utilisent quotidiennement Internet. Leurs requêtes, sur un ordinateur ou sur un smartphone, font travailler à des milliers de kilomètres de distance les centres de données informatiques des portails Web.

Ces centres de calculs consomment énormément d’électricité, il existerait en Suisse pas moins de 4 000 salles de serveurs. Il s’agit pour moitié d’alimenter en courant les ordinateurs, et pour l’autre moitié, de les refroidir.

File 4302La consommation électrique annuelle des centres de données dans le monde serait de 135 billions de kilowattheures, soit trois fois celle de la Suisse. Elle a doublé entre 2000 et 2005, selon des recherches menées au Laurence Berkeley National Laboratory aux Etats-Unis.

Dans un article récent, Le Monde s’est fait l’écho de comparaisons très parlantes, mais difficiles à vérifier. Selon les sources citées par le quotidien français, une recherche sur le moteur de recherche Google mobiliserait l’énergie nécessaire au fonctionnement d’une ampoule pendant une heure, au déplacement d’une voiture sur soixante mètres ou au réchauffement d’une tasse de thé!

A Genève se trouve le plus gros centre de données de Suisse Romande. Cette société, qui cultive la plus grande discrétion et observe des mesures de sécurité draconiennes, abrite sur huit niveaux le portail Internet Yahoo !, les Nations Unies, les Transports publics genevois, et quelques-unes des plus grandes banques du pays.

Son Pdg, Gérard S. rejette les critiques contre la surconsommation des centres de données. « Aujourd’hui, malheureusement, tout est informatisé, explique-t-il. Vous voulez réserver une place dans votre avion, vous voulez faire un paiement, vous voulez faire achat, vous utilisez Internet. Donc, il faut bien avoir un centre pour pouvoir héberger tous ces serveurs. »

Chercheur au Centre for Energy Policy and Economics (CEPE) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), Bernard Aebischer, se refuse, lui aussi, à accuser les industriels. Il estime que de gros travaux ont été engagés par les différents leaders du secteur pour faire baisser leur consommation, et pour éviter une multiplication de leurs centres de données.

File 4303Bernard Aebsicher cite en exemple le projet conjointement mené par IBM et l’EPFZ autour du Super Ordinateur Aquasar. Ce calculateur est le premier à être refroidi avec de l’eau chaude et non pas de l’air. Une eau à une température comprise entre 50 et 60 degrés est utilisée pour refroidir ses processeurs.

Un autre procédé d’avenir s’appelle le « free-cooling », il consiste à capter l’air extérieur, quand il est suffisamment froid, pour climatiser les salles de serveurs. De plus en plus de centres de données utilisent cette technique aujourd’hui.

Pour limiter la facture énergétique des mondes virtuels, Bernard Aebsicher propose aux usagers du Net de devenir éco-responsables. « Utilisez les possibilités de power management sur vos ordinateurs, conseille-t-il, éteignez les équipements dont vous n’avez pas besoin, et faites attention quand vous achetez de nouveaux équipements, est-ce que vous en avez vraiment besoin ? Il ne faut pas nécessairement acheter le plus beau, le plus cher et le plus grand, poursuit-il. »

Les associations écologistes ont, elles, un avis beaucoup moins clément vis-à-vis des centres de données. L’ONG Greenpeace a ainsi dernièrement lancé un appel au portail Facebook pour lui demander de ne pas utiliser des énergies fossiles pour produire l’électricité nécessaire au fonctionnement de ses centres de calcul.

Liens :

- le projet Aquasar :

http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=microchannel-warm-liquid-cooling

http://www.youtube.com/watch?v=FbGyAXsLzIc

http://www.ltnt.ethz.ch/news/eth_globe_09_04_computing.pdf

- EcoInfo : un groupe de chercheurs français travaille autour d’une utilisation « responsable » des nouvelles technologies

http://www.eco-info.org

Commentaires

Portrait de Facegeek

Pour faire des recherche écologique je vous conseille le moteur de recherche Ecosia.org ! ça permet de sauver la foret mazonienne

Portrait de Marie

...

Portrait de Jean-Claude

@Acacio:
Je suis d'accord avec votre argumentaire: l'offre créé le besoin.

Le problème, c'est que l'ensemble de notre modèle économique fonctionne comme ça et ceci depuis toujours...

Vous pouvez faire l'analyse sur n'importe quel marché, que ce soit dans l'habillement, l'automobile, les fruits importés, le logement ou encore... la prostitution :-) A la base, tous ces besoins sont inutiles à la survie de l'espèce et ont été crées dans le but de lancer un Nouvo marché...

Et mieux pour l'économie, il y a aussi des besoins en cascade. Par exemple, l'offre de l'automobile étant là, elle créé directement le besoin pour des produits pétroliers. Autre exemple, un nouveau programme informatique créé le besoin d'un nouvel OS, qui lui crée le besoin pour du nouveau HW...

Maintenant et pour revenir à votre remarque, soyez honnête: Si Nouvo n'était pas disponible en podcast ou en VOD, vous seriez probablement un des premiers à critiquer ce fait en argumentant - par exemple - que ça semblerait être "normal" pour une émission sur les nouvelles technologies...

=> Manque d'offre malgré le besoin déjà en place pour d'autres produits du même genre.

Portrait de Acacio

Bonjour,
Suite à la vision de cette vidéo je m étonne qu on ne parle pas de la consommation induite par la tsr, par exemple le stockage d' années d' emissions dans de pareils datacenters, qui m ont permis de consulter cette vidéo directement depuis mon iPhone. Consommation il y a, mais la société toute entière y compris les médias qui en parlent participent grandement aux changements des moeurs qui poussent les gens à consommer toujours plus.

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