Faux flingues pour vrais truands
Reportage: François Roulet
Montage: Enrico Pizzolato
Mixage: Philippe Lahaye
La moitié des cambriolages seraient commis avec des armes factices. Des répliques qui sont toujours plus ressemblantes aux vraies armes. Très prisées des joueurs et des collectionneurs, elles constituent aujourd’hui un marché de masse. La police fait part de son inquiétude.
La voix est encore tremblante, Séverine Verdan se souvient : « Il avait braqué le pistolet sur ma tempe. Le canon était froid et métallique. Je n’aurais jamais pu penser qu’il s’agissait d’un faux ». C’était en décembre 2008. La jeune femme s’apprêtait à fermer sa station service lorsqu’un cambrioleur a fait irruption, la menaçant d’une arme factice et s’emparant de la caisse. « Lorsque la police l’a épinglé quelques heures plus tard, les agents m’ont dit que l’arme était une fausse, poursuit-elle. Mais cela n’a été d’aucun réconfort. Le traumatisme est le même. Aujourd’hui encore, j’y pense tous les jours. »
Ces répliques d’armes sont aujourd’hui, pour l’essentiel, des pistolets et des fusils Airsoft, qui fonctionnent avec des billes en plastique. Les collectionneurs et les joueurs se les arrachent et réclament, semble-t-il, le plus de réalisme possible : « Les gens veulent de la copie conforme. Les meilleures parties d’Airsoft sont celles qui sont le plus vraisemblables, et cela passe par des armes réalistes. La demande va clairement dans ce sens », explique Gaël Ferec, responsable de la communication chez Cybergun, le leadeur mondial du marché de l’Airsoft. Pour garantir une vraisemblance maximale des répliques, la firme a même signé des contrats de licence auprès des vrais fabricants d’armes : « C’est vrai que si l’on a pas un œil d’expert on ne fait pas forcément la différence, reprend Gael Ferec. Mais nous ne mettons sur le marché que des armes inoffensives. En tant que distributeur, nous estimons que nous ne portons aucune part de responsabilité dans les braquages à l’arme factice. Les gens se servent aussi de couteaux ou de battes de baseball et c’est plus dangereux que nos répliques.»
Il n’empêche, ces répliques d’armes posent problème, y compris chez les policiers. L’illusion est souvent complète et dans le doute, un agent qui se sentirait menacé peut être amené à riposter par légitime défense. Alors pourquoi ne pas d’imposer aux fabricants, une identification précise des ces répliques, à travers des couleurs distinctes par exemple: « On pourrait l’imaginer, mais je ne me fais aucune illusion, déclare Pascal Lüthi, porte parole de la police neuchâteloise. Il s’agit aujourd’hui d’un marché de masse dont la tendance penche clairement vers le réalisme maximal. Il me semble difficile d’imposer un retour en arrière.»
Interview vidéo: Pascal Lüthi, porte parole de la police neuchâteloise "Les armes factices se banalisent dangereusement"




Commentaires
Je préfère qu'on me braque avec un jouet plutôt qu'une arme, après si à l'inverse il meurt à cause d'un policier car il l'emploie mal, il fallait un peu réfléchir avant.
On s'invente des problèmes...
"Le brigandage sera puni d’une peine privative de liberté d’un an au moins, si son auteur s’est muni d’une arme à feu ou d’une autre arme dangereuse."
@ Urbanowicz écris plutôt tes doléances à Berne ;-)
Bonjour François,
les répliques d'airsoft sont depuis le 12 décembre 2008 considérées comme des armes selon l'art. RS 514.54.
Donc la peine encourue est la même que pour des brigandages avec des armes à feux.
De plus, le terme "armes dangereuses" n'a pas de sens, car une arme qui n'est pas dangereuse n'en est pas une.
Voici un scan du livret de l'art. 514.54 :
http://www.6mm.ch/blog/wp-content/uploads/2009/02/airsoft-dans-la-loi.png
Puis la page internet de l'article :
http://www.admin.ch/ch/f/rs/514_54/a4.html
Cordialement
Bonjour et merci pour votre intérêt.
Je comprends que ce reportage puisse déplaire aux joueurs, mais il dépeint une réalité et énonce des faits.
En effet, et en réponse à vos remarques:
1) Les extraits de casier judicaire ne sont pas requis pour l'acquisition d'armes factices en Suisse. Un contrat écrit suffit.
http://www.fedpol.admin.ch/fedpol/fr/home/themen/sicherheit/waffen/erwer...
2)Les brigandages ne sont légalement pas punis de la même manière selon que l'arme utilisée est une arme dangereuse (1 année de prison minimum) ou non (180 jours-amende minimum)
Art 140 du Code pénal suisse
http://www.admin.ch/ch/f/rs/311_0/a140.html
Avant d'écouter ce que disent les forumeurs et de le prendre pour verité, merci de vous renseigner ;-)
Bien à vous,
François Roulet
Je vous fais par des réaction ds joueurs, vu sur un forum d'airsoft genevois.
les armes factices "sont vendues aux adultes sans restrictions". Ceci est bien évidemment faux. La loi suisse interdit la vente de répliques aux personnes dangereuses ou qui ont un passé criminel. Elles ne sont pas en vente libre.
"les braquages à l'arme factice sont punis moins sévèrement". Ni en France Ni en Suisse. Il n'y a pas de distinctions entre armes factices et véritables. C'est au juge d'apprécier la gravité des actes, mais il est nullement contraint d'appliquer une peine moindre.
Toute personne se servant a tort d'une réplique d'arme mérite de se prendre des balles défensives[...]que l'arme sois vraie ou fausse, l'intention de terroriser est la même donc la punition ou la fatalité doivent également être les mêmes!
Avant d'écouter ce que disent certain journaliste et de le prendre pour vérité, merci de vous renseigner.
Poster un nouveau commentaire