Chasseurs de pirates
Reportage: Francois Roulet
Montage: Karim Trabelsi
Mixage: Philippe Lahaye
Animations: Jean-Daniel Kneubühler
Le Tribunal Fédéral s’apprête à rendre son verdict sur l’affaire Logistep. L’entreprise zougoise qui chasse les pirates sur internet pourrait se voir définitivement légitimée ou au contraire, priée de quitter le territoire suisse.
Mercredi 8 septembre 2010. La date est marquée en rouge dans les agendas des partisans du Peer to Peer. Parole de pirate, ils viendront en nombre assister aux délibérations de la plus haute instance juridique du pays. Ils seront soutenus, plus largement, par les défenseurs de la sphère privée sur Internet.
Par tous ceux qui s’estiment menacés par l’action de Logistep. « Pour voir si vous avez partagé de la musique ou des films, Logistep vous traque avec des méthodes très sophistiquées. Elle collecte des données systématiquement et sans aucune base légale», dénonce l’avocat Sébastien Fanti, recourant auprès du Tribunal Fédéral, suite à un procès gagné en première instance par l’entreprise zougoise en 2009.
Il faut dire que la précision des données récoltées peut surprendre. « Après avoir partagé, sans le savoir, de la musique sur Limewire, j’ai reçu une lettre me réclamant trois mille francs de dédommagement, explique S, une internaute valaisanne. La facture était accompagnée d’une liste détaillée des morceaux ainsi que des heures auxquelles ils avaient été téléchargés depuis mon poste. Ils arrivent à savoir tout cela. C'est plutôt impressionnant, et cela fait un peu peur. »
Du côté de Logistep, on tente d'apaiser ces craintes. "Nous ne pouvons pas entrer dans un ordinateur personnel, explique Richard M. Schneider, le directeur. Nous scannons les plateformes d'échange et récupérons les données chiffrées des utilisateurs (ndlr: l'adresse IP) qui partagent des
fichiers et violent le copyright. Nous remettons ensuite ces données aux ayants droits qui décident, ou non, de porter plainte." Logistep n'aurait donc pas accès à des données nominatives. Car seule une action pénale et la sollicitation des fournisseurs d'accès permet de savoir qui se trouve réellement derrière une adresse IP. Il n'empêche, la démarche interpelle, car l'entreprise zougoise, mène cette traque pour le compte des éditeurs et non de l'Etat. Une police privée, en somme.
François Roulet
Bonus vidéo: Sebastien Fanti, avocat et recourant. "Les enjeux du procès"




Commentaires
L'arrêt est désormais publié sur le site du TF: http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=08.09.2010_1C_285/2009
Moi je veux bien que l'on m'espionne, meme si c'est illegal.
Mais comme je suis aussi informaticien, vous me permettez de vous espionner en retourd pour voir si vous respectez les droits sur mon disque dur.
On peux aussi voir les choses comme ça, y a pas de soucis. Le retour sera et restera si personne ne respect la loi et la sphere privée.
"une fois les données livrées au détenteurs des droits d'auteurs, nous ne sommes plus en possession de celle-ci"
Hahaha ! On vous croit les vautours!
"une fois que j'ai eu l'info, je m'en sépare haaa"
pour ce qui est du lien entre logistep et les internautes, c'est que logistep viole notre sphère privée comme personne n'a le droit de le faire, puisqu'ils espionnent au hasard.
c'est comme de dire que tous le monde peut-être mis sur écoute téléphonique parce qu'on s'est aperçu que des dealer utilisent le téléphone comme moyen de communication...
En France, la détention d'oeuvres protégées sans les avoir payées, c'est 300000 euro d'amende et 3 ans de prison, quand même. En suisse, je sais pas.
Et personne ne risque rien avec le direct download tant que les sites en question ne livrent pas les listes d'adresse IP ayant téléchargés (vu qu'il n'y a que l'argent qui les intéresse, un gros chèque et l'affaire est entendue) ou que les fournisseurs d'accès ne surveillent pas les échanges sur le réseau. En bref, ça peut devenir "dangereux" du jour au lendemain.
De toute façon le peer to peer c'est un peu dépassé. Mettez vous au direct download, avec cela vous ne risquez rien, puisque vous ne partagez rien....abe
Et concrètement, quel est le lien entre logistep qui fait de la recolte sur le peer2peer et les gens qui reçoivent des tentatives d'intimidation et d'escroquerie ?
Ce ne sont pas plutôt les auteurs des intimidations qu'il faudrait poursuivre ainsi que ceux qui leur ont permis de faire le lien entre l'adresse IP et l'identité de l'internaute ?
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