Les esclaves du smartphone

Les esclaves du smartphone
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Publié le 25 août 2011

Reportage: Emmanuelle Jaquet
Montage: Enrico Pizzolato
Mixage: Philippe Lahaye

Je lui parle, je lui pose une question, mais son attention est ailleurs. Elle est dirigée sur le téléphone portable qu’il tient entre ses mains et qui vient de sonner annonçant, ainsi la réception d’un sms. Son téléphone, il ne le lâche jamais. Ou presque.

Diffusion dans Mise au Point du 28 août 2011

Yann-Yves Benguy  est entrepreneur. A 26 ans, il a déjà créé plusieurs entreprises. La dernière en date est un service de conciergerie de luxe et pour satisfaire ses clients, le jeune self-made man se veut atteignable en permanence. Même lors de ses loisirs, comme lorsqu’il va au fitness. « C’est un choix de vie. Des gens à cette heure-ci sont obligés d’être au bureau, tandis que moi, je peux être en train de faire du sport », argumente Yann-Yves Benguy. Reste que soutenir une conversation avec lui ressemble à une gageure :

-          « Vous avez l’impression d’être dépendant de cet objet ? », je lui demande.

-          « Ah oui, carrément » , il répond. « Oh, excusez moi, ça sonne ! Oui ? Allo ? » 

File 5727Comme Yann-Yves Benguy, de plus en plus de personnes restent connectées en permanence. Avec l’arrivée du smartphone, le phénomène a pris une ampleur sans précédent. Un phénomène qui, porté à l’excès, se transforme en véritable fléau, car l’hyperstimulation peut mener à l’épuisement, voire au burn out de ses victimes.File 5728

Stéphane, lui, est technicien à l’Etat de Genève et développeur en free lance. Après le travail, il pourrait tout à fait couper son téléphone portable. Pourtant, il n’y arrive pas et se force à garder son appareil allumé en permanence, par peur de manquer quelque chose. « Je ne quitte jamais mon téléphone. Quand je vais aux toilettes ou à la cuisine, je le prends avec moi. Partout, chaque pièce où je vais, je le prends avec » , raconte ce trentenaire non sans humour.

A tel point que cela l’empêche même de bien dormir :  « La nuit ou lorsque j’essaie de faire une sieste, je garde le téléphone allumé à côté de moi et souvent ça sonne ou ça bip et du coup, je réponds. »

Autre « technostressé », Marc*, cadre haut placé dans une société internationale. Ce manager d’une quarantaine d’années dénonce l’usage abusif qui est fait du smartphone dans l’entreprise où il travaille . « C’est un outil  de communication extraordinaire, mais qui est devenu très envahissant. Nous devons être connectés en permanence et si nous ne parvenons pas à répondre dans les 2-3 heures, c’est tout juste si nous ne sommes pas considérés comme incompétents. A mon avis et de l’avis de beaucoup de mes collègues, nous n’arrivons plus à faire notre travail convenablement. »

File 5729Un constat affligeant que fait régulièrement Patrick Hunziker, directeur de l’antenne romande de l’Institut de médecine du travail. « A cause de l’utilisation excessive du smartphone, les gens n’ont plus assez de temps de récupération. Ils ne peuvent plus  se concentrer, ce qui nuit à leur créativité », déplore le psychologue.

Pourtant, le sujet reste encore tabou dans le monde du travail . « Les gens viennent d’abord nous voir parce qu’ils souffrent d’une accumulation de stress. Ce n’est qu’au fil de la discussion qu’il découvrent que leur utilisation du smartphone est problématique. »

Pour Patrick Hunziker, les entreprises n’ont pas encore pris conscience de leur responsabilité face à ce problème . « Très souvent c’est l’entreprise qui fournit un iphone ou un Blackberry à ses employés. Elle le donne d’abord comme un outil positif, puis elle constate qu’il y a aussi des effets négatifs, c’est donc difficile pour elle de gérer cet antagonisme. »

*prénom d'emprunt

Davantage d'informations dans la brochure Nonstop@work, publiée conjointement par l'IFA et la Société suisse des employés de commerce. A lire également les publications de Bruno Savoyat, spécialiste de la gestion efficace du temps.

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Commentaires

Portrait de 789

bravo au patron qui ralentit le binz ! J'adore ce côté zen. Cela me rappelle qu'il existe encore quelques suisses qui disent "Y a paaas le feeeeu au laaaac !"

Portrait de Anonime

roooo c balôt ça alors! xD

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