Je m'habille à la vêtithèque

Je m'habille à la vêtithèque
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Publié le 18 octobre 2011

Reportage : Y. Dieuaide, Z. Marro

Montage : Enrico Pizzolato

Mixage : Philippe Lahaye

A Londres, Paris ou Berlin, les vêtements vintage et seconde main font un carton, et la mode envahit maintenant la Suisse Romande. Mais pour s’habiller pas cher, pour mettre un frein à notre consommation de "fringues", il y a mieux encore !

Aujourd’hui, pour trois amies Genevoises, c’est jour de shopping, mais pas n’importe quel shopping ! Ces amies se données rendez-vous dans le nouveau temple de la fripe de la ville. L’endroit, unique en son genre et multicolore, s’appelle Les Fripeuses. Il a ouvert en décembre 2010 et connaît depuis un beau succès. Loin de la mode imposée par les grands magasins, on trouve ici des petits hauts, des shorts, des robes, des lunettes, avec en prime une forte odeur de naphtaline. Tout dans cette boutique, qui se fournit chez des grossistes anglais, date des années soixante ou septante, et rien ne coûte plus de 100 francs. Certaines clientes, comme Danièle, sont déjà accrocs. "Je viens régulièrement ici, on peut toujours découvrir des nouveautés, c’est super chouette, explique cette jeune maman. On peut tellement fouiller, trouver des belles choses, qu’on aimerait venir tous les jours !"

 

79Ce mariage entre vieux habits et "branchitude", on le doit à Sophie Perriraz. Cette jeune vaudoise a quitté une grosse multinationale pour se lancer dans l’aventure. En marge de sa boutique, elle organise aussi, via une page Facebook, des "fripes-party", des soirées où l’on troque ses vêtements. "Ce qui est bien dans le seconde main, raconte Sophie, c’est que ce sont des vêtements uniques que l’on ne retrouve plus aujourd’hui. Ce sont des matières des années soixante et septante. Cela plaît, parce que les gens ne veulent plus avoir la même pièce que tout le monde, comme quand on va chez une grande marque de l’habillement."

 

Lutter contre l’uniformité et contre notre consommation excessive de vêtements, l’idée a été poussée plus loin en Suède. Dans la banlieue sud de Stockholm, une bande d’amies a ouvert l’hiver dernier un lieu totalement inédit : une vêtithèque, comprenez une bibliothèque à vêtements !

"Quand vous devenez membre, vous obtenez une carte avec votre nom dessus et un numéro, détaille Emelie Dahlström, l’une des cinq fondatrices de "Lanegarderoben", la vêtithèque de Stockholm . Il y a aussi un contrat avec toutes les règles à respecter, poursuit la jeune femme. Cela dit que vous pouvez emprunter trois articles pour une durée de trois semaines, que vous devez en prendre soin et que vous devez les laver. Et si vous êtes en retard, vous devrez payer une petite amende. Exactement comme à la bibliothèque !"

 

80Coût de cette vêtithèque : seulement 14 francs par mois, que vous vous engagez à payer pendant un semestre. Le lieu ne fonctionne qu’avec des bénévoles et sans subventions. 80% des vêtements sont des dons qui ont été faits par des associations caritatives ou par les membres eux-mêmes, 20% sont des habits neufs réalisés par de jeunes créateurs qui peuvent ainsi se faire connaître. Au cœur du projet, qui compte déjà 150 adhérents : la volonté de réduire l’impact sur l’environnement. "Il faut une quantité assez considérable de ressources pour fabriquer des vêtements, rappelle Emelie Dahlström. Il faut beaucoup de matières premières. Par exemple, pour le coton, on utilise énormément de produits chimiques, mais aussi de l’eau. Un suédois consomme entre 15 et 24 kilos d’habits par an ! Et là-dessus, 8 kilos sont jetés à la poubelle !"

 

En Suède, cette année, quatre autres vêtithèques ont vu le jour, et des projets sont en cours au Danemark et à Paris. Ce souffle de l’habillement décalé et durable touchera-t-il à son tour la Suisse ? Possible !

 

Sophie Perriraz. Oui aux vêtithèques en Suisse !

Emelie Dahlström. Nous voulons inspirer les gens.

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