Après Megaupload, le streaming?
Reportage: François Roulet
Montage: Enrico "The Kid" Pizzolato
L’arrestation de Kim « Dotcom » et la fermeture de ses sites Megaupload et Megavideo montre la détermination de l’industrie du film face aux pirates. Elle déclare désormais la guerre au streaming. En vain ?
En matière de séries tv et de films, les sites de streaming font un tabac. En particulier chez les jeunes. « A l’école tout le monde fait du streaming, explique Lily, une adolescente lausannoise. Le téléchargement est plus compliqué, c’est plus long et moins bien vu alors que le streaming c’est tout simple : je me connecte sur internet, je tape ce que je veux regarder et il n’y a plus qu’à trouver le bon lien pour visionner ma série ou mon film. » Gratuit et légal le streaming est la nouvelle bête noire de l’industrie du cinéma.
Légal, certes, mais uniquement du point de vue de l’utilisateur. Car la
plupart des sites de streaming, eux, sont illégaux puisqu’ils ne paient les droits d’auteur des œuvres qu’ils diffusent. Le seul moyen d’action pour l’industrie consiste donc à bloquer l’accès à ces sites par le biais de pressions judiciaires auprès des fournisseurs d’accès internet et des moteurs de recherche. Une démarche qui a par exemple conduit à la fermeture toute récente d’alloshowtv et allostreaming, les sites les plus prisés des « streamers » francophones.
Les syndicats français du film à l’origine de cette action n’entendent pas s’arrêter là : « Le but de ce type d’action, c’est la théorie de l’emmerdement maximum, explique Jean-Yves Mirski, du Syndicat de l'édition vidéo numérique.
Nous voulons rendre l’accès aux œuvres illicites de plus en plus compliqué. Car il faut arrêter de se voiler la face : c’est un business. Ces sites font énormément d’argent avec la publicité ou les abonnements. Ils ne sont pas des chevaliers de la culture comme on l’entend trop souvent. »
Il n’empêche, cette guerre peut paraître vaine. « C’est un combat perdu d’avance, assure l’avocat genevois Nicolas Golovtchiner. Les pirates ont et auront toujours une guerre d’avance sur l’industrie. » Il semble que les Majors de la musique aient intégré cette logique pour finalement s’associer à des sites de streaming comme Deezer ou Spotify et développer des offres forfaitaires et légales. En matière de cinéma, la multiplicité des sources de financement et la logique de diffusion chronologique – Salles, DVD, Chaînes de tv payantes puis chaînes généralistes – semble compliquer la mise sur pied de telles offres.




Commentaires
A voir les commentaires, on semble face à une majorité de gens prêts à payer pour les contenus, et qui sont très déçu de voir qu'aucune offre légale ne semble exister..
On est bien loin de l'image du vilain pirage cagoulé/ganté derrière son écran, téléchargeant des tonnes de contenus avec un rire diabolique, ce me semble.
@Nouvo: peut-être refaire une émission pointant ce point précis ? En parler pourrait aider les Majors à se réveiller et comprendre ce que leurs CLIENTS demandent...
Je vois dans ces débats éternels (?) des copies et du streaming des réponses intéressantes se profiler :
En fait : Le plus cool pour un jeune (et un moins jeune), ce n'est pas de "piquer" du contenu. Non, ce qui est chouette, c'est de pouvoir regarder tel ou tel film (ou documentaire ou série, etc.) quand, où et comment on le veut et non plus quand telle ou telle chaîne veut les diffuser. Les nouvelles télés interactive et certains abonnements de location par internet commencent timidement à proposer du contenu de ce type. Si en sus, ils arrêtaient le système des zones des DVD et que ces séries ou films sortaient un peu partout en même temps géographiquement et techniquement (TV, DVD et web), les pirates et autres megaupboxload n'auraient plus autant de succès, je vous le garantis.
Mais effectivement, ce ne sont visiblement pas encore les bonnes personnes qui dirigent ces milieux du show-biz et autres médias ou pouvoirs.
Ce qu'ils oublient de dire aussi, c'est qu'aux USA les série peuvent être regardé gratuitement (avec un peu de pub) sur les sites des chaînes qui les produisent (ABC, NBC, etc...). Alors moi quand je regarde mes séries TV en streaming, je n'ai vraiment pas l'impression de faire du tort à l'industrie de la télévision. Les règles de droit d'auteur par pays doivent être abolie et je serai le premier a aller regarder ces séries sur les sites US. Ils n'ont qu'à mettre de la pub en fonction de l'adresse IP...
Avant internet on faisaient des copies de music, de film, internet n'a pas emplifié les copies, internet évite de se déplacé chez sont voisins pour faires les copies et les communiqués à sont autres voisins, ce qui est un peu plus long mais le résultat et le même, car se sont toujours les mêmes qui copie ceux qui non pas les moyens d'acheté les DVD ou d'allé au cinéma, en fin de compte c'est une solidarité de communication du 7ème art pour les pauvres, et tot ou tard le pauvre qui à vue un film qui lui plait va économisé pour acheté le DVD, pour l'avoir en bonne qualité, donc tout le monde en fin de compte si retrouve, arreté de tout vouloir interdir pour vous enrichir plus, vous finiré à ne plus rien avoir.
Je suis totallement d'accord avec SwissTengu. Le problème ne vient pas du tout de ce qui se passe mais bien du fait que le modèle économique de l'industrie des médias n'est pas DU TOUT foncionnelle dans un monde numérique. Tant qu'ils n'auront pas compris ce que'est internet, ce qu'est le numérique et ce qu'est la dématerialisation ils ne pourront que se faire attaquer. De plus je ne suis pas de tout pour pleurer sur leur sort puisque les maisons de productions (qui ne créent rien, ce sont les artistes qui créent et qui ne sont pas payés directement par le publique, attention). Par exemple le chiffre d'affaire de Universal pour 2004 (une mauvaise année pour eux) est de 56 milliards d'euros ! Je ne trouve pas vraiment qu'ils sont à plaindre surtout quand on sait que les artistes ont de grandes difficultés à se faire payer par les organismes de gestion de droits (cf SUISA par exemple).
Bref, arrétez de nous prendre pour des cons, nous n'en sommes pas tous :D
et oui .. c'est fini, plus personne télécharge ca y est, on peut tout supprimer lois et autres. plus utiles vu les sommes dépénsés
d'ailleurs les ayants droits eux même le disent ils ont eu la peau du téléchargement :) on va enfin s'occuper des vrais problèmes de sociétés.
Pour info, megaupload proposait aussi du streaming.
Ce que dit M. Mirski à propos du piratage est faux - il se contente de généraliser le cas megaupload.
Ce n'est, dans la majorité des cas, PAS un business.
Et comme le dit Me Golovtchiner, ça ne servira à rien de mener cette guerre de cette manière.
La seule manière pour les Majors de reprendre la main sur leurs contenus, c'est de ENFIN proposer un offre légale digne de ce nom, une offre légale qui ne se moque pas des clients, une offre légale SANS le moindre DRM (Digital Right Management) de manière à permettre aux acheteurs d'utiliser leurs achats comme ils veulent, où ils veulent, le temps qu'ils veulent.
Il n'y a qu'à voir l'envol des plateformes légales pour la musique (et encore, grâce aux frontières géographiques appliquées au monde numérique, c'est pas aussi rapide que ça pourrait l'être).
Il serait temps que le monde du Cinéma apprenne des erreurs de celui de la Musique.
Et, pour finir, pourquoi ne pas considérer le piratage comme une Offre Gratuite de Découverte Communautaire ?
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