J’ai 5 ans et je tweete à l’école !

J’ai 5 ans et je tweete à l’école !
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Publié le 16 mars 2012

Reportage : Yann Dieuaide

Montage : Charles D. Fischer

Mixage : Philippe Lahaye

Twitter investit les salles de classe. Les initiatives d’enseignants se multiplient en France auprès d’élèves de plus en plus jeunes. En Suisse, ce sont les tablettes numériques qui gagnent le milieu scolaire. Zoom sur les technologies de l’éducation.

Depuis novembre 2011, à l'école maternelle de Siarrouy, une petite commune rurale des Hautes-Pyrénées dans le Sud-Ouest français, c’est la révolution. Ils ont tout juste 5 ans pour certains, mais déjà ils tweetent ! Le principe est simple : l'enseignant rédige sur papier un message que les enfants veulent poster sur la toile, et ensuite deux d'entre eux le recopient sur l’ordinateur. Evidemment, ces bouts de chou ne savent encore ni lire ni écrire, mais l’exercice n’en serait pas moins très bénéfique. D’après leur professeur, Olivier Menadier, ils développent ainsi leur connaissance de l’orthographe, et apprennent à synthétiser leurs pensées.

292"Arriver à se décentrer de sa propre idée pour un enfant de cinq ans est très important. Il y a des petits quand on leur demande : "Qu’est-ce qu’on pourrait écrire ?" Ils répondent : "Mon papa, il est fort !" Ce qui n’a aucun rapport avec ce dont on parle, raconte l'enseignant. Donc, arriver à tenir compte de ce que disent les autres pour construire une phrase commune, c’est un objectif important."

Ici, le compte Twitter de la classe (@matersiarrouy) est fermé. Autrement dit, personne sans l’autorisation du maître ne peut lire les messages. Les enfants correspondent non pas avec leurs parents comme d’autres classes le font, mais avec des camarades canadiens et une animatrice scolaire spécialisée dans les nouvelles technologies.

Un peu réticents au début, les parents sont maintenant séduits. "On ne peut pas passer à côté d’Internet et de ses possibilités, cette initiative est donc plutôt bienvenue, témoigne Sophie Herkenrath, maman d’Antoine, 5 ans. Après, c’est comme tout, il faut cadrer, mettre des limites..."

Des twittclasses comme celle d'Olivier Menadier, on en compte aujourd’hui près de 150 en France, mais aucune en Suisse. A chaque fois, il s'agit d'initiatives personnelles des enseignants. Ces projets-pilotes sont très critiqués par certains, qualifiés de gadgets voire de dangereux mélange entre business et éducation, mais ce n’est pas l’avis du pédagogue que Nouvo a rencontré.

"Ce qui intéressant avec ces technologies, quand elles deviennent communicantes, c’est qu’on peut sortir des quatre murs et faire un apprentissage plus authentique, explique Nicolas Szilas, Maître d'enseignement et de recherche à la Faculté de Psychologie et de Sciences de l’Education de l'UNIGE. Parce qu’on peut expliquer quelque chose dix fois en classe, mais après comment le transférer après dans une compétence réelle ? C’est là que se trouve la difficulté. Avec Twitter, les enfants sont dans une réelle activité."

294Si Twitter n’existe pas encore dans les écoles helvètes, en revanche les tablettes numériques sont arrivées ! En tout cas, à l'Institut International de Lancy (IIL), une institution privée genevoise qui a équipé 1200 enfants en septembre dernier. Inspiré d'un exemple écossais - l'école de Greenock, ce projet est unique en Europe par son ampleur. En 7ème, les cours de math se font désormais sur tablette et en réseau.

"On gagne en attention, on est sûr que tout le monde participe, on peut contrôler le travail de tout le monde séance tenante, raconte Karim Hejjaj, enseignant à l’Institut International de Lancy (IIL). Nous allons beaucoup plus vite et sommes beaucoup plus efficaces. Les enfants se servent de la tablette, comme si c’était un outil qu’ils utilisaient depuis toujours."

Pour ces appareils, l'Institut International de Lancy (IIL) dépense par année un peu plus de 200 francs par enfant. L'investissement est finalement assez modeste, au vu notamment des dépenses faites en matière d'ouvrages scolaires et du gain de poids et de place dans les cartables. Ce cas pourrait donc faire peut-être école et séduire l'enseignement public. Seule précaution à prendre d'après les pédagogues : que la technologie reste un outil parmi d’autres et ne devienne pas une fin en soi !

Nicolas Szilas, pédagogue. L'IPAD à l'école ?

Norbert Foerster, Directeur d'IIL. Tablettes à l'école : la belle affaire pour Apple ?

Commentaires

Portrait de Antoine Melo

Twitter (et le microblog) ont investi au moins une classe en Suisse! Basé à Genève, proche de Lancy, j'utilise en effet un microblog privé pour éviter des conflits d'intérêt (http://mb.melos.co, exemple de séquence didactique réalisée avec des apprenants). Je ne pense pas être le seul en Suisse et aimerais bien connaitre plus d'initiatives ... on s'organise, je vous invite à lire ces twits sur le sujet ou à le journal qui y est associé. Merci infiniment pour votre sujet, car il nous aide à aller dans le bon sens!

nouvo

@Claude Alamansi
Bonjour et merci pour vos messages. Pour ce qui est du renvoi sur la page Nouvo, nous partons du principe que le bandeau rouge au début et la fin du reportage indique au téléspectateur qu'il peut aller sur nouvo.ch pour en apprendre davantage. Toutefois, pour les gens qui ne connaissent pas Nouvo, c'est vrai que cela n'est peut-être pas assez clair.
Pour la question du sous-titrage, là aussi votre remarque est judicieuse. Malheureusement, pour l'instant, seul le 19h30 bénéficie de cette valeur-ajoutée.
Emmanuelle

Portrait de Claude Almansi

C'est un peu bizarre de m'auto-répondre, mais vu que vous ne le faites pas et que j'ai une bonne nouvelle:

Gion Linder, coordinateur national du sous-titrage de Swiss TXT, à qui j'avais posé la même question, m'a répondu que la SRG sous-titrera les émissions sur internet à partir de l’année prochaine.

Curieux que ça mette autant de temps de changer les quelques lignes de code qui produisent les lecteurs multimédia sur les sites des TVs SSR SRG, mais ne pinaillons pas.

En attendant, les sourds / malentendants /alloglottes peuvent voir votre reportage de cette page avec sous-titres en http://www.universalsubtitles.org/fr/videos/zlfSLlhh0LSl/info/jai-5-ans-... - à moins qu'ils ne préfèrent se laisser inspirer à la patience par Patrick Topaloff.

Portrait de Claude Almansi

Merci pour ce remarquable reportage, et pour sa transcription avec liens.
J'avoue que c'est la première fois qu'un service Nouvo vu en télévision au 19:30 m'interpelle assez pour que je le cherche sur votre site. En fait, j'ai dû passer par Google pour le trouver: pourquoi la page correspondante du 19:30 ne donne-t-elle pas le lien permanent à la page nouvo?

Autre question, que j'ai d'ailleurs aussi posée à sous-titrage.ch: pourquoi diantre, quand une émission est sous-titrée à la télévision, ne l'est-elle pas dans sa version Web?

Le lecteur vidéo de la version web du 19:30 a une piste activable/désactivable pour l'interprétation en langue des signes, alors ça ne devrait pas être sorcier d'en ajouter une autre pour le fichier des sous-titres CC déjà transmis (via teletext) en télévision, non? Il y a beaucoup de sourds et malentendants qui ne connaissent pas la langue des signes. Et sous-titrer les versions web des émissions déjà sous-titrées en TV serait également très utile pour les enfants qui apprennent à lire et pour les gens ayant des difficultés de lecture.

Aux USA, la Federal Communications Commission (FCC - équivalent de l'OFCOM suisse) a adopté en janvier un règlement d'application du 21st Century Communications and Video Accessibility Act (CVAA - 2010) rendant obligatoire le sous-titrage de la version web des contenus vidéo déjà diffusés avec sous-titres en TV: voir FCC Adopts Closed Captioning Rules for Online Video Programming. En Suisse, on n'en est pas là, puisque la SRG SSR n'a annoncé sa mue en organe multimédia intégrant radio, TV et web qu'après l'entrée en vigueur de la dernière révision de la Loi et de l'Ordonnance sur la radio et la télévision, qui stipulent donc uniquement les mesures d'accessibilité pour les télévisions. Mais même si ce n'est pas obligatoire légalement, ne serait-ce pas logique, simple et peu coûteux de réajouter les fichiers de sous-titres existants pour les contenus vidéos TV à leur version Web?

Peut-être un sujet de reportage pour Nouvo ;-)

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