Mécénat et crowdfunding à la rescousse de la presse US

Mécénat et crowdfunding à la rescousse de la presse US
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Publié le 9 mars 2012

Reportage : Yves Gerber, Virginie Goubier
Montage : Charles D. Fischer
Mixage : Philippe Lahaye

Aux Etats-Unis, la presse écrite ne fait plus recettes. En onze ans, les revenus publicitaires ont été divisés par trois, passant de 60 milliards à 20 milliards de dollars. Dans ce contexte, les médias cherchent de nouveaux modèles économiques, entre mécénat et financement participatif.

En 2008 est née Pro Publica. Une agence de presse, ou plutôt « newsroom » comme son rédacteur en chef la détermine. 288Financée par des mécènes, la rédaction s’est spécialisée dans les enquêtes de longue durée, qui ont disparu des médias traditionnels. Pro Publica comble ainsi un vide, puisque les journalistes ont de moins en moins le temps d’effectuer des reportages, des analyses ou des enquêtes qui prennent beaucoup de temps. Mais ce qui interpelle particulièrement, c’est le business modèle qui lui permet de proposer une alternative journalistique. « Nous levons de l’argent à travers une fondation créée par de riches mécènes, explique Stephen Engelberg. Nous avons aussi nos propres revenus, en vendant certaines de nos productions, ou grâce à la publicité. Mais la plupart de nos reportages, nous les offrons gratuitement à nos partenaires. »

284Le sérieux de ses publications a attiré les annonceurs. L’agence vient en effet de décrocher deux prix Pullitzer. Les 19 journalistes salariés de Pro Publica ont conscience de travailler dans des conditions exceptionnelles, par rapport à une rédaction classique. L’un des journalistes récompensés, Jake Bernstein, a enquêté pendant un an et demi avant de publier son enquête dans les milieux de la finance. Beaucoup trop long pour être publié sur papier, son article est le premier Prix Pullitzer décerné à un média non imprimé.

 

285 Stephen Engelberg, rédacteur en chef Pro PublicaInstallée à deux pas de Wall Street, la rédaction déclare ne subir aucune pression de la part de lobbies politique ou économique, même de la part des donateurs. Les deux principaux fondateurs sont des milliardaires californiens. Ils déclarent ne jamais vouloir intervenir dans la vie de la rédaction. Depuis sa création, Pro Publica a attiré de nombreux donateurs. Selon Stephen Engelberg, aucun n’est jamais intervenu dans les enquêtes en cours. « Nous avons complètement séparé la lever de fonds du journalisme. Ainsi, les gens nous donnent de l’argent, mais nous ne leur disons rien à l’avance sur ce que nous allons écrire. Ils ne sont pas mêlés à nos choix rédactionnels. En quatre ans de managment , je n’ai jamais entendu parler d’un mécène ou d’un donateur. »

286 David Cohn, fondateur de spot.usFinancer ses reportages grâce à l’appui financier de particuliers, même modeste, c’est aussi l’idée de David Cohn, fondateur du site spot.us. Professeur à l’université de Berkeley, près de San Francisco, le jeune journaliste indépendant a eu l’idée de faire appel aux internautes pour financer les projets d’articles. Il s’est pour cela inspiré du principe du « crowdfunding », autrement dit, le financement participatif. Le principe est simple : les journalistes postent sur le site leur projet de reportage et indiquent le montant dont ils ont besoin pour le réaliser. Aujourd’hui, près de 13'000 membres participent et attribuent en moyenne 40 dollars par projet. Pour l’anecdote, Barbara Streisand a versé une fois 2000 dollars pour financer un travail coûteux !

 

287Rapprocher le journaliste de son lecteur, travailler en toute transparence ou sans aucune pression économique, tels sont les modèles qui se développent pour sauver une profession malmenée par la crise et lui offrir de nouvelles perspectives. En Europe, nous ne connaissons pas encore d’initiatives similaires, mais nous serions heureux si les internautes de Nouvo pouvaient nous les signaler ;-).

Commentaires

Portrait de SwissTengu

Hmm, au risque de lancer un gros truc vilain/méchant, mais ce genre de modèle ne pourrait pas s'appliquer aux artistes, au lieu de vouloir nous supprimer nos droits et de proter atteinte à nos libertés individuelles et fondamentales (expression pour commencer) ?

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