La grande peur des nanos

La grande peur des nanos
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Publié le 22 mai 2012

Reportage : Yann Dieuaide

Montage : Enrico Pizzolato

Animation : Jean-Daniel Kneubühler

Mixage : Philippe Lahaye

Les nanomatériaux représenteront à l’horizon 2015 un marché de 1 000 milliards de francs. Un enjeu colossal pour les industriels. Mais ces particules infiniment petites font peur à toujours plus de consommateurs. À tort ou à raison ?


Les nanoparticules sont désormais partout ! En Suisse, elles seraient déjà présentes dans plus de 1 000 articles de consommation courante. Des emballages alimentaires aux textiles techniques, en passant par les équipements de sport, le dentifrice ou les crèmes solaires. Plus petites qu’une cellule humaine, de la taille d’un milliardième de mètre, elles possèdent des propriétés saisissantes.

Dans le dentifrice, elles sont utilisées pour leur pouvoir blanchissant (dioxyde de titane), ou parce qu'elles sont capables de combler les micro-fissures de l’émail (phosphate de calcium).

Dans l'industrie textile, on les emploie car elles peuvent rendre une veste imperméable (résines de fluorocarbone) ou empêcher l'apparition des mauvaises odeurs en tuant les bactéries (nanoparticules d'argent) !

Dans un cadre de vélo ou dans une raquette de tennis, l'incorporation de nanotubes de carbone permet, elle, d'augmenter la résistance des produits tout en les rendant plus légers.

Enfin, dans l'alimentaire, on fait appel aux nanoparticules en tant qu'antiagglomérants (silicate de calcium -E552- et dioxyde de silicium -E551-). Il s'agit dans le cas des épices par exemple d'empêcher la formation de grumeaux !

373Cependant, ces "méga-pouvoirs" inquiètent de plus en plus de personnes, simples consommateurs qui se sentent mal informés, mais aussi scientifiques... Serge Stoll, maître d'enseignement et de recherche à l'UNIGE, est l'un d'eux. Ce spécialiste de physico-chimie environnementale met en garde : "Je suis intimement persuadé qu’on est en train d’ouvrir une boîte de pandore, de produire encore une fois en masse des objets dont on connaît assez peu le potentiel de toxicité."

Pour le chercheur, les nanomatériaux posent problème pour deux raisons : d'abord, on n'aurait pas assez étudié le danger que certaines particules représentent pour la santé, ensuite, personne ne se pose la question du rejet dans l'environnement des produit contenant des nanos. Serge Stoll donne l'exemple des eaux usées. Quid du devenir des nanoparticules d'argent qui pourraient être libérées lors du lavage des vêtements techniques ?

Concernant toujours le dentifrice, une étude franco-suisse a montré en 2011 que le dioxyde de titane pouvait provoquer dans les poumons des inflammations similaires à celles de l’amiante !

De leur côté, les industriels s'attachent à être rassurants. En Suisse, beaucoup a été fait, d'après eux, pour encadrer l'utilisation des nanos et protéger les salariés qui les manipulent. Ils citent en particulier le Plan d'action sur les nanomatériaux mis en place en 2008 par l'Office fédéral de la santé publique.

À Marly, dans la banlieue de Fribourg, l'usine de papier photo ILFORD se veut exemplaire. Elle est une des seules entreprises qui a accepté de nous recevoir. Ici, on utilise du dioxyde de silicium depuis une dizaine d'années. Cette nanoparticule, qui est livrée sous forme de poudre par des fournisseurs allemands, permet de donner au papier photo (pour imprimantes jet d'encre) son aspect brillant. Pendant tout le processus de fabrication, les ouvriers fribourgeois n'ont aucun contact direct avec le dioxyde de silicium.

Rita Hofmann, cheffe de la recherche et du développement chez ILFORD, explique : "Il faut faire la différence entre des nanoparticules libres, et des matériaux nanostructurés qui ont été faits à partir de nanoparticules. Les nanoparticules libres peuvent rentrer dans l’organisme (NDLR : surtout par inhalation), mais les matières qui ont été faites à partir des nanoparticules sont seulement des structures... Ces structures ne sont ni actives ni dangereuses."

374Pour éviter toute mauvaise surprise à l'avenir, les associations de défense des consommateurs réclament par précaution un encadrement légal plus strict et un étiquetage obligatoire pour les nanoparticules. Cette surveillance accrue semble nécessaire, aussi pour ne pas condamner trop vite les nanos... En effet, la médecine pourrait connaître grâce à elles des progrès spectaculaires, en particulier pour le traitement des cancers.

 

Commentaires

Portrait de Anonyme

Le coup de la pub en tête de page, ça craint vraiment.
C'est suffisant pour banir ce site au plus vite.

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