Le crowdsourcing: les bonnes idées sont dans la foule
Reportage: Géraldine Jacot
Infographie: Jean-Daniel Kneubühler
Mixage: Philippe Lahaye
Montage: Laurent Hauert
Comment trouver la boisson rafraîchissante qui fera un carton cet été ou le prochain plat préparé préféré des consommateurs? En demandant aux internautes! En marketing, cela s'appelle du “crowdsourcing”.
Le mot « crowdsourcing » est apparu pour la première fois dans le magazine en 2006. A l’époque, ce concept marketing proposait une idée géniale et pas chère: solliciter sa communauté autour d’une problématique donnée. Dans le monde du web 2.0, ce type de marketing participatif a explosé grâce aux réseaux sociaux.
Aujourd’hui, les marques l’ont intégré pour répondre aux attentes de nouveaux consommateurs. Tous les grands noms font ou ont fait appel au crowdsourcing : Microsoft, IBM, MacDonald’s, Disney, oui même Mickey qui fait appel à ses amis… les enfants.
A ses débuts, le crowdsourcing relevait davantage du vote des consommateurs. Aujourd’hui, le mot magique c’est le concours. Toutes ces marques s’appuient sur les réseaux sociaux et leur communauté de fans pour développer le nouveau produit qu'ils attendent.
En Suisse, c’est la jeune société bernoise Atizo qui propose à ses clients de bénéficier de leur plate-forme et de s’appuyer sur une communauté de 15'000 « innovateurs ». Cet outil malin du Web 2.0. à l’avantage d’intègrer des mesures marketing dans le processus de production. « C’est comme mettre un orteil dans la piscine et tester latempérature de l’eau ! Vous pouvez voir rapidement si il y a un marché ou non.», ajoute Steffen Roth professeur en management de l’innovation.

Une tendance qui porte ses fruits. La Migros a lancé dernièrement sa plate-forme Migipédia. Le géant orange propose à ses clients de donner leur avis sur les produits ou encore de répondre à des concours pour en développer de nouveaux. « Le gros avantage du crowdsourcing, c’est de pouvoir travailler avec les clients et de les intégrer très tôt dans le processus. Nous avons un bon pourcentage de réussite et peu de flops», ajoute Markus Gisiger, chef de la direction Marketing Food de Migros.
Le marketing participatif n'a pourtant pas que des qualités. Pour les innovateurs de la première heure, les primes ne sont plus aussi alléchantes. "Aujourd'hui, la foule d'innovateurs grandi et la récompense individuelle est parfois de seulement 20 ou 50 francs suisses. Les gens commencent à être fâchés et ont le sentiment de perdre leur temps pour quelque chose qui ne paie pas", explique Steffen Roth. Et puis, il y a l'épineux problème de la propriété intellectuelle:"les idées ne sont pas protégées par la propriété intellectuelle car elles sont de libre circulation. Elles appartiennent au domaine public et ce n'est que lorsqu'on les concrétise suffisamment que l'on peut les protéger", ajoute Jacques de Werra, professeur à la faculté de droit de Genève.
Sur le Web, les idées sont gratuites... mais n'ont pas de prix!
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