Les Suisses et les start-up: je t'aime, moi non plus

Les Suisses et les start-up: je t'aime, moi non plus
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Publié le 18 septembre 2012

Reportage: Yves Gerber
Montage : Cyril Moulin
Mixage : Philippe Lahaye

Souvent citée en exemple comme pays favorisant l’innovation, la Suisse permet chaque année à de nombreux entrepreneurs de se lancer dans l’aventure de la start-up. Réputé pour son calme et sa lenteur, l’Helvète a-t-il véritablement l’esprit d’entreprise ? Est-il prêt à prendre des risques démesurés, quitte à tirer parti cent fois de ses échecs ? Pas sûr.

488L’institut de recherche Idiap de Martigny organise cet automne un concours pour aider les jeunes entrepreneurs à monter un projet d’entreprise innovante. «Le challenge consiste à passer de l’idée à la start-up en trois semaines», résume son directeur François Foglia. Favoriser l’esprit d’entreprise, tel est le but de ce concours. Avec à la clé de l’argent, mais surtout la possibilité de s’installer une année pour développer son projet. Les participants disposent de trois semaines pour mettre au point un prototype du produit qu’ils ont imaginé. Les trois meilleurs reçoivent 20 000 francs en cash. Le gagnant aura, en plus, la possibilité de faire incuber sa société à IdeArk, à Martigny, gratuitement.

489A l’origine de ce challenge, un simple constat : seul un faible pourcentage de chercheurs se lance directement dans le monde du travail avec une idée qui leur est propre. En moyenne, il n’y a qu’une start-up par an qui émane de l’institut. C’est bien peu, par rapport à ce que l’on observe dans les pays anglo-saxons, où la culture du risque et de l’entreprise y est plus développée. « Nous avons beaucoup de chercheurs ici à l’Idiap, commente François Foglia. Ils sont presque cent aujourd’hui. Seul un petit nombre a vraiment envie de se lancer, mais on ne les connaît pas. Il nous faut donc mettre des structures en place pour détecter et aider ceux qui ont envie de développer leur activité.»

Une récente étude du WEF place en effet la Suisse en tête des pays qui favorise l’innovation. Chaque année, il se crée plus de 35'000 nouvelles sociétés dans notre pays (source Venturelab). Mais les entrepreneurs ne sont pas tous des citoyens helvétiques, loin de là, comme le confirme Caroline Gueissaz, présidente suisse romande de Suisse Business Angels : « La Suisse a mis tout ce qu’il fallait pour faciliter la vie des start-up. En revanche, ce n’est pas très suisse d’avoir l’esprit des start-up. La majorité des entrepreneurs qui viennent nous voir sont des étrangers. ». Un ratio que l’on retrouve parmi les jeunes entrepreneurs qui ont participé au concours de l’Idiap. Sur ving huit participants, près de treize nationalités, dont une poignée de Suisse. 490Parmi eux, Rodolphe Dewarrat, qui aimerait développer un courrier électronique simplifié destiné aux seniors. Venu mettre son idée à l’épreuve, ce Romand installé à Zürich a travaillé pour plusieurs start-up, à l’étranger notamment. Prêt à lâcher le confort d’un salaire mensuel, il a conscience d’avoir un profil atypique pour un Helvète : « Ce n’est facile dans aucun pays de concrétiser ses idées. Mais en Suisse, on soutient très peu l’idée de l’entrepreneur qui est prêt à tout lâcher pour se lancer. Ce n’est pas dans les mœurs».

491Du côté des investisseurs, prendre des risques, ce n’est pas non plus très répandu. Seul 30% est prêt à investir dans ce que l’on appelle le capital risk et tout miser sur une startup. Il faut dire que le taux de mortalité des jeunes entreprises est de 75% dans les trois premières années. A la tête de Capital Proximité, Pierre Bordry représente près d’un millier d’investisseurs. Il confirme que la plupart se sent plus enclin à reprendre une entreprise familiale en difficulté, plutôt qu’une start-up. « Les investisseurs d’aujourd’hui ont plutôt tendance à faire du « smart-money », explique-t-il. Cela veut dire qu’ils préfèrent s’investir aussi eux-mêmes, en amenant leurs compétences, plutôt que de miser sur un cheval et chercher à multiplier sa mise par 10 ou 100 dans les années qui suivent. Ce comportement a disparu avec la première bulle internet ». Et contrairement aux Etats-Unis, rares sont les investisseurs qui mettent tout de suite de grosses sommes, en espérant tirer le gros lot. En Suisse, on préfère investir pas à pas et accompagner la jeune entreprise dans sa croissance. « Une approche mesurée et accompagnée, comment Pierre Bordry, très Suisse effectivement ».

Commentaires

Portrait de David P.

C'est vrai que la mentalité Suisse n'est pas la plus adaptée pour les startups. Ce n'est pas un pays où les gens sont attirés par le risque... Mais on a quand même parmi les meilleures écoles d'ingénieur du monde avec l'EPFL et l'ETHZ et on a aussi en Suisse le meilleur podcast francophone sur les startups: c'est NipTech (www.niptech.com), et ça vient de Lausanne ;)

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