La pub se moque de la crise
- Reportage: Emmanuelle Jaquet
- Montage: Charles D.Fischer
La crise ? Une source d'inspiration pour bien des annonceurs. Agences de voyage, fabricants de vélos ou de voitures, certaines marques n'hésitent pas à rebondir sur la mauvaise conjoncture économique. C'est le cas notamment de Volkswagen.
L'agence V à Paris a conçu pour la marque allemande une série de cinq publicités qui tournent en dérision des traders accros à la bourse. Le message est simple : «En temps de crise, mieux vaut se tourner vers des valeurs sûres».
«C'est la marque qui a souhaité faire de l'humour sur la crise, qui nous a poussé dans ce sens là» explique Alban Callet, directeur adjoint de l'Agence V.
Diffusés sur les chaînes françaises au début de l'année, ces 5 spots ont visiblement plu aux consommateurs, puisqu'une nouvelle série est en préparation pour le mois de juin.
Communiquer sur la crise n'est pas donné à n'importe quel annonceur. Cela présuppose un certain savoir-faire : «Je crois qu'il y a certaines marques qui peuvent se permettre ce genre de choses, analyse Hervé Devanthéry de la fédération suisse de publicité et de communication. VW par exemple a toujours eu une culture de l'humour décalé, donc quand eux s'amusent à jouer avec la crise, ça passe sans problème. Par contre d'autres annonceurs ne peuvent pas se le permettre.»
En Suisse, la tendance est davantage à l'offre promotionnelle qu'à l'humour décalé. Une des conséquence de la crise, les annonceurs inondent le marché de rabais et discount en tout genre. «Dans les quotidiens, raconte Hervé Devanthéry, c'était extrêmement rare il y a quelques années de trouver deux pages publicitaires à la suite de grands distributeurs. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.»
Une exception avec Euro rscg, à Genève. L'agence de pub a réussi à imposer le mot «crise» à son client, Cirtoën Suisse. Le slogan «Un visiospace pour voir la crise du bon côté». «Rire de la crise peut créer une certaine connivence avec la marque, mais tout est question de dosage» analyse Henri Balladur, directeur de Euro rscg.
En clair, il ne faut pas en abuser, histoire de ne pas lasser ou choquer le consommateur. La crise pourrait alors se retourner contre l'annonceur.
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