Les pirates à l'assaut du pouvoir

Les pirates à l'assaut du pouvoir
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Publié le 5 juin 2009
  • Reportage: François Roulet
  • Montage: Sandro Milone
  • Animation: Jean-Daniel Kneubuhler

Ils avaient décidé qu'ils iraient loin. En 2006, lorsqu'ils fondent le parti pirate, Rick Falkvinge et Christian Engström n'ont pas l'intention de jouer aux clowns. Tous deux jeunes entrepreneurs du web, ils comprennent, depuis longtemps déjà, que toute une génération de Suédois passe l'essentiel de son temps libre assise derrière un écran d'ordinateur. Une génération silencieuse, peu politisée, qui ne demande qu'une chose : jouir d'Internet en toute liberté, et accéder gratuitement, par le partage de fichiers, à l'ensemble de la production culturelle. Or les pouvoirs publics, qui les avaient laissé en paix jusqu'ici, décident de s'en mêler et votent des lois – protection des droits d'auteurs, lutte anti-terroriste – qui restreignent considérablement le rayon d'action des jeunes internautes suédois. Le parti pirate fédère leur mécontentement. L'aventure est lancée.

The Pirate Bay

En douceur, tout d'abord. Les premiers mois permettent au parti de se structurer et de faire marcher le bouche à oreille chez les jeunes geeks suédois. La première expérience électorale est plutôt traumatisante. Les pirates ne récoltent que 0.63% des voix lors des élections législatives suédoises de 2006. Mais les deux leaders n'abdiquent pas, ils savent que leur tour viendra, car un procès spectaculaire est en cours. L'industrie du disque vient alors de saisir la justice suédoise afin d'obtenir la fermeture d'un site d'échange de fichier : The Pirate Bay. La plateforme, fondée par des génies suédois de la programmation, revendique 22 millions d'utilisateurs, elle est l'une des plus importante au monde.

Troisième force politique

Avril 2009, le verdict tombe, les quatre fondateurs du site sont condamnés à un an de prison ferme et à près de 4 millions de francs de dommages et intérêts pour violation du copyright. La sanction bouleverse les jeunes suédois, qui se ruent sur les formulaires d'adhésion au parti pirate : « Lorsque le verdict a été rendu, nous avions 14'711 membres. Une semaine plus tard, nous étions plus de 40'000. » En pleine campagne européenne Christian Engström s'en frotte les mains. Le parti pirates est devenu la troisième force politique en Suède. Dans les sondages, leur liste est désormais créditée de 8% d'intentions de vote. Pas mal pour un parti dont le programme tient en une seule phrase : disposer gratuitement, et sans surveillance, de tout ce qui est publié sur Internet.

Commentaires

Portrait de Cyrbyz

Ils devraient être à la place des artistes, ou de développeurs qui eux aussi doivent gagner leurs vies !

Portrait de Armand

Vivement qu'un parti de ce genre naisse en suisse, j'y adhère de suite.

Portrait de gigus

Heureusement qu'il y a des gens qui bougent,et qui, contrairement à la TSR ne manipulent pas l'opinion publique en voulant créer une génération "moutonnesque"

Portrait de jean mo

Grâce à TPB c'est un bras d'honneur au cartel des droits d'auteur et à la censure

Portrait de Djé

Super, merci pour ce portrait...

Portrait de laurent

Allez je vous donne le résultat !
Le Piratpartiet a donc fait 7,1%, ce qui en fait le 5ème. (derrière la droite, les socialistes, les libéraux et les verts).
Cela lui permet d'avoir un représentant au parlement européen !

Portrait de Philou

Il y a des piratea party dans pas mal de pays dont la Suisse voils la liste comme publiess sur le site US du Pirate Party.
http://pirate-party.us/

Portrait de Blasouille

Mouai, je veux pas faire mon casse c... en ramenant certaine personne sur terre, ni donner une leçon d'économie, mais si une partie ÉCRASANTE des artistes est contre le libre accès à leurs ?uvres c'est qu'il y'a une raison: ils doivent manger et se loger, comme vous et moi. Un système de licence globale oui, pour se passer des distributeurs et de leurs marges, mais un système entièrement libre, donc sans rémunération des artistes c'est plus que de l'utopie, c'est de la stupidité.

Portrait de chris

La refonte du droit d'auteur (copyright) c'est intéressant dans des domaines comme la musique et autre mais quelque peu dangereux pour les logiciels libres et open-source. Voir la réaction de Richard Stallman sur le sujet: http://www.bytecode.ch/Pourquoi-les-propositions-du-Parti-Pirate-suedois...

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