Ton téléphone sur écoute? Facile

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Ton téléphone sur écoute? Facile
Publié le 14 juillet 2009
  • Reportage: François Roulet, Zian Marro
  • Montage: Ulrich Teiger
  • Animation: Jean-Daniel Kneubühler
  • Mixage: Philippe Lahaye

C'est si simple que cela en devient effrayant. Une carte et quelques connaissances informatiques suffisent à écouter la plupart des conversations dans un rayon d'une cinquantaine de mètres. La faute à des téléphones sans fil – des DECT en termes techniques – qui, pour la majorité d'entre-eux, ne cryptent pas les communications. « Ce type d'espionnage ne coûte pas cher et il est à la portée de presque n'importe qui avec un peu de connaissances informatiques. On pourrait penser que pour écouter ce genre de systèmes, il faut un grand arsenal digne de l'armée ou des services secrets. Mais non, avec une simple installation ça marche » s'exclame Mathias Coinchon, passionné de radiodiffusion. Une aubaine pour les détectives privés et les espions en tout genre. Inquiétant, même si pour l'heure aucune plainte concernant ce type d'écoute n'a été déposée en Suisse.

Alors que les DECT équipent quatre-vingt pourcents des ménages suisses et de nombreuses entreprises, Les opérateurs sont impuissants face à ces failles de sécurité. Voici par exemple ce que Swisscom nous a fait savoir « Le DECT étant appliqué à l'échelle mondiale pour les appareils sans fil, nous ne pouvons, à titre de prestataire, procéder à aucune modification de la norme. Seule l'instance de normalisation est habilitée à la modifier. Nous sommes en contact avec nos différents fournisseurs. » Des fournisseurs et fabricants qui affirment être au courant des problèmes de confidentialité lié à la norme DECT. Chez Switel, numéro un de la vente de téléphones sans fil en suisse, on prend cette faille de sécurité au sérieux « A partir de septembre, tous nos téléphones crypteront les communications. Il sera beaucoup plus difficile voire impossible des les écouter à distance. » affirme Selim Dusi, le patron de l'entreprise fribourgeoise.

Il n'empêche, pour l'heure, la majorité des téléphones utilisés en Suisse n'offrent pas ces garanties élémentaires à l'utilisateur. Car dans leur concurrence acharnée, les fabricants ont tout mis en œuvre pour offrir les prix les plus bas, au détriment de la sécurité des appareils. Un bradage des normes de confidentialité qui a le don d'irriter le préposé fédéral à la protection des données : « On demande aux fabricants de revoir la norme et d'adapter un niveau de sécurité élevé, notamment en cryptant les communications. On recommande à l'utilisateur de recourir actuellement à un téléphone avec fil s'il veut éviter le risque et on recommande finalement que le fabriquant informe clairement l'utilisateur des dangers. »

Selon la loi suisse la violation du secret des télécommunications est un délit pénal passible de peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement. L'espion du dimanche y réfléchira peut-être à deux fois. Ce type d'infraction reste cependant très difficile à prouver et la facilité technique avec laquelle ces écoutes peuvent être réalisées autorise à penser que certains adeptes ou professionnels de l'espionnage pourraient se laisser tenter.

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Commentaires

Portrait de Richard Wütrich

Le marché de la téléphonie mobile, quand il s'agit de sécurité, reste très opaque notamment en Suisse. Et les opérateurs semblent peu soucieux (ni pressés) d'informer leurs clients sur tous ces risques "inévitables"... c'est un peu comme l'impact sur la santé des téléphones portables, vaste problème dont on ne parle jamais.

Portrait de stéphane koch

Merci pour cet excellent reportage :) En complément, je me permettrais d'ajouter que cette faille a été présentée par Erik Tews, Ralf-Philipp Weinmann et Andreas Schuler lors du congrès hacker du Chaos Computer Club, le 30 décembre 2008.

Lien avec l'article et les sources:
http://tinyurl.com/dectspy : "25C3: Serious security vulnerabilities in DECT wireless telephony"

Portrait de helvemedius

Meilleur en technique qu'en orthographe, nouvo! Au lieu d'écrire "80%" ou "huitante pour-cent", nouvo.ch préfère écrire "quatre-vingt pourcents". Hors, "pour-cent" est invariable et quatre-vingts s'écrit avec "s" sauf s'il est suivi d'un autre adjectif numéral (utilisez huitante vous ne commettrez pas cette erreur!). Deux fautes sur deux mots. Cela n'est pas grave, sauf que cela est le fait de professionnels de la communication...

Portrait de l.

bonjour et merci pour ce reportage, les indiscrets vont être mécontents. Et, il y a parfois de fausses informations alors tel est pris qui croyait prendre.Bonne journée.

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