Vacances en apesanteur

Vacances en apesanteur
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Publié le 15 juillet 2009
  • Reportage: Laurent Burkhalter, Thomas von Grünigen
  • Montage: Ulrich Teiger
  • Mixage : Philippe Lahaye

Des Suisses se sont lancés dans la course au tourisme spatiale, loin de Cap Canaveral et du désert des Mojaves en Californie. Au Swiss Propulsion Laboratory (SPL) à Langenthal, seul centre de développement de moteurs de fusée en Europe, une équipe de passionnés teste avec succès des moteurs de plusieurs tonnes de poussée. Leur vaisseau «Enterprise», fruit d'une collaboration avec l'entreprise allemande Talis et la société de tourisme spatiale de Malaisie, pourrait emmener des touristes dans l'espace d'ici 6 ans.

Hans Ulrich Ammann jubile! Son rêve de jeunesse est à portée de main. « Quand j'avais 10 ans, je confectionnais des petites fusées avec de la poudre noire, j'expérimentais des choses qui brûlaient rapidement et bruyamment! » Hans a fondé SPL en 1998, un « centre de recherche » qui tient en trois containers. Avec son équipe d'ingénieurs bénévoles, il ne compte, ni sont temps, ni son argent passés dans des réacteurs. Hans peut vivre de sa passion car il possède également une entreprise, Aro Technologies, spécialisée dans les filtres industriels de pointe.

David contre Goliath

Face aux projets Virgin Galactic ou Blue Origin des milliardaires Richard Branson et Jeff Bezos, Hans fait figure de David contre Goliath dans la course au tourisme spatial. Pourtant, il est persuadé qu' «Enterprise» pourra tirer son épingle du jeu. « Notre fusée «Enterprise» décollera directement depuis le sol, contrairement à SpaceShipOne, de Virgin Galactic, qui est larguée depuis un avion porteur, à plus de 16'000 m d'altitude. Notre technique est plus spectaculaire, chaque décollage sera un événement! » Le projet «Enterprise» est estimé à 80 millions d'euros. Hans et ses partenaires recherchent encore une grande partie du financement.

En payant la bagatelle de 300 000 francs, et d'ici 2 ou 3 ans, d'heureux fortunés pourront tutoyer les astres et vivre quelques minutes en apesanteur . En 2001, le premier touriste de l'espace, Denis Tito avait déboursé 25 millions de francs. Aujourd'hui, une dizaine de projets sont en concurrence et pourrait faire baisser encore le prix du billet. Virgin Galactic en a déjà vendu plus 300. Et selon une étude récente, le marché du tourisme spatial pèsera plus 670 millions de francs d'ici 2021. La crise n'a pas encore eu raison des nouveaux pionniers de l'espace.

Trois à six tonnes de CO2

Mais cette nouvelle course à l'espace ne suscite pas l'unanimité. Greenpeace menace d'ores et déjà d'empêcher le décollage de telles fusées si la tendance se renforce. « Trois à six tonnes de CO2 seront émis pour qu'un seul homme puisse s'envoler dans l'espace et prendre du plaisir pour 5 minutes, dénonce Markus Allemann, co-directeur de Greenpeace Suisse. C'est une émission massive et surtout inutile! » A l'université de Berne, le Professeur Hans Balisger, qui a participé à une expérience déployée sur la lune lors d'Apollo 12, émet également des réserves quant au tourisme spatial, pour des raisons écologiques. (voir interview complémentaire).

Hans Amman rétorque qu'il fabrique une fusée aussi verte que possible, propulsée par du bio-éthanol. Un argument similaire à celui avancé par Richard Branson.

Le premier client vient juste de réserver sa place à bord d'«Enterprise». D'ici quelques années, si tout va bien, quelques privilégiés comme lui pourront admirer la terre à travers leur hublot. Et revenir, qui sait, avec plein de bonnes intentions pour sauver la planète.

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