Les réalisateurs du web

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Les réalisateurs du web

Leur public, c'est Internet. «C'est sur le web que nous avons le plus de spectateurs, le plus de retour sur notre travail, admet Didier de Iaco, réalisateur et membre d'un collectif de cinéastes romands actifs sur Internet. Je préfère avoir un film qui a été vu 2000 fois sur Internet que devant 30 personnes dans une petite salle de cinéma.»

Le Festival Cinéma Tous Ecrans dédie l'une de ses sélections à cette nouvelle génération de cinéastes qui fait désormais ses armes sur la Toile. Parmi les productions diffusées, des séries, des fictions ou des films de fans, tous produits avant tout pour Internet. Didier de Iaco présente De profundis Clamavi, l'histoire d'un type qui se balade d'écran en écran, tourné et réalisé en seulement 24 heures.

«La sélection est très riche, explique Daphné Rozat, responsable de la programmation des Nouveaux Ecrans. Les productions sont de très bonne qualité. D'autant plus que ces films sont faits, pour la plupart, avec les moyens du bord.» C'est le cas notamment de Ashes to Ashes. La réalisation et les effets spéciaux de ce fan film français, inspiré de Batman, scotchent l'internaute à sa souris. De même que The Hunt for Gollum, en hommage au Seigneur des Anneaux. Réalisé par Chris Bouchard, un Anglais d'origine genevoise, ce film de 38 minutes n'a rien à envier aux super productions hollywoodiennes. Tourné en deux ans grâce à des bénévoles, le moyen métrage n'a coûté que 5000 frs, mais a été vu 3,5 millions de fois sur le net en quelques mois. «Des producteurs, alertés par le succès de The Hunt for Gollum m'ont contacté, raconte Chris Bouchard et cela pourrait déboucher sur un projet concret.»

Money, money, …


L'argent, c'est la principale différence entre ces web-productions et les courts-métrages traditionnels. «A l'inverse des courts-métrages destinés au cinéma, nous faisons nos films avec du matériel que nous avons acheté personnellement, raconte David Bonjour, co-réalisateur de Rampe toujours. Nous les réalisons sur notre temps libre, nous ne sommes pas payés pour ça, nous ne gagnons rien. Nous n'avons par les moyens, par exemple, d'acheter des décors.»

Mais qui dit pas d'argent, dit aussi plus d'indépendance, comme le précise Daphné Rozat du Festival Cinéma Tous Ecrans : «Les fictions pour le web ont une plus grande liberté de création, parce qu'il n'y a pas forcément un producteur qui soutient ce projet, qui veut engager tel acteur plutôt qu'un autre. Bref, pas de contraintes externes.» Une indépendance qui laisse place à l'imagination. C'est sans doute ce qui plaît tant aux internautes.


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