L'or blanc bolivien
- Reportage: Irène Bénéfice, Zian Marro, Sylvain Pierron
- Montage: Charles D. Fischer
- Mixage: Philippe Lahaye
La lumière est aveuglante, le climat rude. A 3700 mètres d'altitude, le Salar d'Uyuni est le plus grand désert de sel au monde, aussi vaste que la Suisse romande. Sous la croute de sel dorment près de la moitié des réserves mondiales de lithium. Pour la Bolivie, c'est un véritable trésor encore inexploité. «Si les scénarios qui prédisent que le lithium va remplacer le pétrole se vérifient, alors la Bolivie deviendra une future Arabie Saoudite», avance Rolando Jordán, économiste spécialiste des questions minières.
Le président bolivien a autorisé l'année dernière l'exploitation du Salar d'Uyuni. Evo Morales compte bien faire profiter son pays de ces richesses. Selon la nouvelle Constitution, toutes les ressources naturelles du pays appartiennent désormais à l'Etat. Le lithium ne fera pas exception.
Avant de vendre cet or blanc, il faut d'abord l'extraire du désert de sel. Et ce n'est pas une mince affaire. La première usine pilote est en construction à Rio Grande, une bourgade aux abords du Salar d'Uyuni. «C'est plus facile de construire un immeuble en Europe que de poser une seule brique ici, constate le directeur de l'usine Marcelo Castro. Il n'y a pas d'infrastructures, pas d'électricité, pas d'eau et aucun moyens de communication.» Pour l'heure, les quelque 200 ouvriers font des prélèvements dans divers endroits du Salar pour connaître les concentrations de lithium. Ce précieux métal est isolé par évaporation dans des «piscines» artificielles.
Aujourd'hui le lithium s'est imposé comme le principe actif le plus prometteur pour les accumulateurs. «C'est la technologie qui offre la densité d'énergie la plus élevée, se réjouit Pierre Blanc, directeur technique chez Leclanché à Yverdon. C'est aussi la technologie qui offre la plus longue durée de vie, du moins en termes de cycles.» L'entreprise Leclanché a senti le vent venir. Depuis sa restructuration, elle fabrique exclusivement des batteries de haute capacité au lithium-ion.
Aujourd'hui, toute l'industrie automobile mise sur le lithium. Renault, par exemple, promet un véhicule de série tout électrique pour 2012 déjà. Et le cours du lithium s'envole: il se négocie dix fois plus cher qu'en 2003. Et les industriels occidentaux se battent pour implanter en Bolivie des usines de batteries. Mais ils seront obligés d'acheter le lithium directement à l'Etat.
Evo Morales a annoncé fin octobre une production industrielle du lithium pour 2013. L'or blanc du Salar d'Uyuni devrait alors rapporter 1 milliard de dollars par an à la Bolivie.




Commentaires
C'est dingue ce désert de sel blanc !! ça donne envie de voir cet endroit unique au monde...
Et on va massacrer et polluer un désert magnifique pour se donner bonne conscience en roulant dans nos voitures électriques? C'est ça l'écologie et le développement durable? Aller polluer chez les autres tout en faisant croire que l'on sauve la planète...
Dommage que ce reportage ne voit que le côté blanc du lithium... En réalité, c'est un leurre, au même titre que le pétrole.
Un extrait d'un article d'enerzine.com :
Mais l'extraction du lithium possède également un coût environnemental élevé. Le Meridian International Research a fait valoir dans un rapport que "l'extraction de lithium nécessaire pour satisfaire 10% de la demande automobile mondiale causerait des dommages irréversibles et généralisés (...) incompatibles avec la notion de voiture propre".
Cette extraction "va également générer de la pollution, et pas seulement à partir de combustibles fossiles, mais aussi des usines de lithium qui produisent du dioxyde de soufre. Ce n'est pas une solution magique", a expliqué de son côté Luis Echazú, le Ministre des Mines. En effet, l'exploitation minière oblige à utiliser du chlore pour séparer le lithium (cancérigène) à partir des composés de magnésium dont l'eau souterraine est pourvue.
Réf :(http://www.enerzine.com/14/8538+lithium-nouvel-eldorado-mirage-ephemere+...)
Autrement dit, l'utilisation généralisée du lithium risque d'entraîner une nouvelle catastrophe écologique mondiale. Il va falloir trouver un autre moyen de stockage. Pour le moment, la seule énergie réellement propre (ormis pour la fabrication), c'est la pile à combustible (hydrogène-oxygène), à condition que l'hydrogène soit produit à partir d'une électrolyse de l'eau dont l'électricité est fournie par le solaire, l'éolien ou l'hydrolique. Point à la ligne. Hayek est dans le coup, et encore une fois, je pense qu'il va dans la bonne direction.
J'y suis allé récemment. C'est magnifique! J'ai questionné un guide au sujet du danger potentiel que représente l'industrie du lithium. Il m'a répondu qu'il y avait de l'espace pour tout le monde dans ce désert et que les touristes pourront toujours être baladés dans des zones épargnées. Il y avait beaucoup d'espoir dans le discourt de cet homme. En ayant appérçu les conditions de vie de beaucoup de boliviens, cette industrie est un véritable éldorado pour eux!
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